Le deuxième volume de « Die Verkehrsmittel in Volks- und Staatswirthschaft » d'Emil Sax (Vienne 1879) est entièrement consacré aux chemins de fer. Sax examine d'abord comment la traction à vapeur transforme l'économie et la société : baisse des coûts de transport, nivellement des prix des produits agricoles, déplacement des zones de production de Thünen, effets sur la rente foncière, les mines, l'industrie et le commerce. Une deuxième section traite de l'administration des chemins de fer et expose en détail pourquoi le chemin de fer doit être soustrait à la pure économie privée et compris comme objet de l'économie collective ; il y réfute les diverses variantes de la théorie de la concurrence ainsi que la question litigieuse des lignes d'État contre les lignes privées. La troisième section développe l'économie de l'établissement et de l'exploitation, y compris les tarifs, la tarification à la valeur et les tarifs différentiels. La quatrième donne un aperçu de l'histoire du développement ferroviaire dans les principaux États. L'exposé argumente de façon déductive à partir des lois générales de la circulation établies dans le premier volume et s'appuie d'un bout à l'autre sur des données statistiques et la littérature spécialisée de l'époque.
L'ouvrage est la première partie du Système de l'énergie économique en trois volets de Julius v. Gans-Ludassy et traite de la méthodologie économiste, c'est-à-dire de la question de savoir comment la connaissance économique est en général possible. L'auteur conçoit l'économique comme une science autonome, à détacher de la philosophie, et la fonde sur le principe de la finalité, qu'il nomme énergie économique. En douze chapitres, il développe sa construction à partir de la philosophie, une histoire critique des écoles méthodologiques (rationalisme, empirisme, historicisme, courant réaliste exact) et passe en revue le phénomène économique, le concept, le jugement, le raisonnement, la loi, la loi de développement, le principe et la systématique. Contre les procédés purement abstraits comme purement empiriques, il pose un empirisme rationnel et se démarque expressément de Menger, Eisenhart, Dilthey et Wagner, dont il prolonge les travaux. Iéna 1893.
OriginalDeutsch
Le krach est inévitable. Les gouvernements créeront de la monnaie pour le retarder
L'ouvrage étudie la naissance et les conditions d'existence du petit artisanat et de l'industrie à domicile en Autriche et se divise en deux parties. La partie générale retrace comment, à partir du travail domestique, du travail à façon et de l'artisanat, se développe sous une direction commerciale et capitaliste l'industrie à domicile sous-traitée (Verlagsindustrie) : de façon dérivée à partir de formes d'exploitation existantes ou de façon originale, à la campagne comme à la ville. Schwiedland décrit la dépendance des maîtres et des compagnons sous-traités à l'égard du donneur d'ouvrage, et la détresse du petit maître indépendant pressé par la fabrique, le commerce et son propre manque de capital. La partie spéciale est une monographie sur les tourneurs de nacre de Vienne (industrie des boutons de nacre) : matière première, statut juridique du métier, conjonctures et crises depuis le McKinley Tariff, situation des maîtres, des apprentis et des compagnons, ainsi que l'industrie à domicile. L'argumentation s'appuie sur des rapports officiels, des enquêtes et des tableaux statistiques de Vienne, Berlin et Paris. Paru en 1894 chez Duncker und Humblot à Leipzig.
OriginalDeutsch
Ziele und Wege der Theoretischen Nationaloekonomie in der Gegenwart
Dans cette thèse soutenue à Halle et parue en 1894, Frank Fetter examine le principe de population de Thomas Robert Malthus et lui oppose sa propre théorie de la population, de caractère volontariste. La première section est une critique conceptuelle : Fetter montre que Malthus emploie de manière ambiguë les mots clés "tendance", "population" et "principe", comparant ainsi indûment une pulsion psychologique à un nombre mesurable d'êtres humains ; la progression géométrique et arithmétique, de même que la proposition selon laquelle la population se maintiendrait toujours au niveau des subsistances, sont rejetées. La deuxième section dépouille les statistiques de plusieurs pays concernant le nombre de mariages, l'âge au mariage et le nombre d'enfants, et explique le moindre nombre d'enfants des couches aisées par la prudence et les exigences de vie plutôt que par des causes physiologiques. Dans la troisième section, Fetter interprète le mouvement de la population comme la résultante de nombreux groupes producteurs et consommateurs, dont le comportement est déterminé par le "standard of life" et par des motifs de la volonté, et il en tire des mesures pratiques : l'éducation générale, l'encouragement des caisses d'épargne volontaires, une répartition plus large de la propriété. Sur le plan de la méthode, il applique la théorie de l'utilité marginale à la question de la population et s'oppose tant à la "loi d'airain des salaires" qu'au fatalisme du malthusianisme.
The Exploitation of Theories of Value in the Discussion of the Standard of Deferred Payments, Annals of the American Academy of Political and Social Science
Dans cet écrit polémique paru en 1896, Eugen von Böhm-Bawerk examine si le troisième volume du Capital de Marx, publié à titre posthume, résout la contradiction annoncée dans le premier volume : que les marchandises s'échangent d'une part selon le travail qu'elles incorporent, et que d'autre part des capitaux de même grandeur rapportent un même profit. Böhm-Bawerk expose d'abord la théorie marxiste de la valeur et de la plus-value ainsi que la théorie des prix de production, puis il démonte les quatre arguments par lesquels Marx affirme la validité persistante de la loi de la valeur, et conclut que le troisième volume désavoue le premier. Dans la quatrième section, il ramène l'erreur à une déduction purement dialectique de la thèse de la valeur-travail, coupée de l'expérience et de l'analyse psychologique. Une section finale examine de manière critique la tentative de sauvetage de Werner Sombart, qui interprète la valeur marxiste comme un simple fait de pensée.
Promemoria ueber die Errichtung einer Handelshochschule in Wien zu dauernder Erinnnerung an das diesjährige Regierungs-Jubiläum seiner K. u. K. Apostolischen Majestät des Kaisers Franz Joseph I. 1898.
"Der goldene Boden" est une pièce populaire viennoise en quatre actes de Julius von Gans-Ludassy, parue en 1902 au Wiener Verlag ; selon la préface, sa représentation fut interdite à plusieurs reprises par la censure viennoise. Elle dépeint la misère du travail à domicile dans le métier de la couture : le veuf appauvri Peter Wimmer survit comme tailleur à la pièce, tandis que le coupeur parvenu Tichtl lui arrange un mariage avec Agnes, plus âgée, tout en séduisant sa fille Leni. Une intrigue tourne autour du poste de gérant de Tichtl, à l'issue de laquelle la propriétaire de la fabrique, Brandstätter, est poignardée ; le coupable est le jaloux Spindelmann, mais les soupçons retombent sur Tichtl. Wimmer, qui connaît la vérité et se trouve lié par un serment, est partagé entre la vengeance, la pitié pour sa fille et la conscience. La pièce met en jeu l'exploitation sociale, l'honneur et la pauvreté dans le milieu des faubourgs viennois.
OriginalDeutsch
Vom Gegenstand der Wertlehre, in Zeitschrift für Volkswirtschaft, Sozialpolitik und Verwaltung
The Improvement of Our System of Township Poor Relief (Report of the committee on public relief of the poor in Indiana, Frank A. Fetter, Chairman). Indiana State Board of Charities Bulletin
L'ouvrage étudie la situation économique et sociale de l'industrie à domicile sous-traitée et se demande par quels moyens de la législation, de l'entraide et de l'administration on peut améliorer la situation des travailleurs à domicile. En introduction, Schwiedland détermine la naissance, les formes et la notion du travail sous-traité et décrit la position avantagée du donneur d'ouvrage par rapport au maître artisan et au fabricant. La partie principale examine en douze sections des mesures particulières : l'enregistrement, l'extension de l'assurance obligatoire, la police sanitaire, la licence des lieux de travail, l'organisation des travailleurs, la protection des travailleurs, l'abolition du travail à domicile, la restriction des débouchés, le placement, les ateliers centraux, la restriction de l'immigration et les salaires minimaux obligatoires. Ce faisant, l'auteur fait constamment appel à l'expérience de l'Angleterre, de la Suisse, de l'Amérique du Nord et surtout des colonies australiennes de Victoria et de la Nouvelle-Zélande, et en examine la transposabilité à l'Autriche. Des annexes présentent des relevés statistiques, un aperçu de la législation spéciale et une description des ateliers centraux.
Subsidies—by the Committee on the Division of Work between Public and Private Charities, Frank A. Fetter, Chairman, National Conference of Charities and Corrections Proceedings
Cette étude, parue en 1902 comme thèse de doctorat en sciences politiques à Vienne, retrace l'évolution du rapport entre seigneurs terriens et paysans en Galicie, depuis le rattachement du pays à l'Autriche lors du premier partage de la Pologne (1772) jusqu'à l'abolition des charges foncières (1848). Mises reconstitue d'abord la constitution rurale de la Galicie polonaise (sujétion, seigneurie foncière, droits de propriété, corvées) et oppose la passivité de l'État polonais à l'État autrichien interventionniste. Le cœur en est l'exposé des réformes thérésiennes et joséphistes, de l'abolition du servage, des patentes sur la corvée et de l'échec de la réglementation fiscale et urbariale de 1789, suivi de la réaction de l'époque post-joséphiste. Le soulèvement paysan de 1846 et l'abolition de toutes les corvées finalement décrétée en 1848 sont traités en détail. L'étude s'appuie d'un bout à l'autre sur des actes d'archives et sur la législation de l'époque ; dans la conclusion, Mises interprète l'émancipation des paysans non pas selon le droit naturel, mais comme la conséquence d'une organisation économique devenue inconciliable avec l'accroissement de la population.
Dans cet écrit viennois de 1902, Eugen Schwiedland traite de la question de savoir comment les ouvrières à domicile peuvent être organisées sur le plan syndical. Le point de départ est l'enquête sur le travail des femmes de 1896, dont les abus furent mis en évidence sans qu'on en tirât de conséquences pratiques. Schwiedland expose pourquoi les ouvrières à domicile sont particulièrement difficiles à organiser : l'afflux vers l'emploi, le poids de la famille, l'appui sur le salaire du mari et la faible qualification du travail. Comme l'entraide et la social-démocratie échouent ici, il envisage deux voies d'aide extérieure : la contrainte légale (en s'appuyant sur Brentano et le code des métiers allemand) ainsi que l'aide sociale bourgeoise. À titre de modèle, il décrit en détail une association professionnelle berlinoise d'ouvrières à domicile comptant près de 1000 membres, avec protection juridique, caisse d'épargne, fourniture de machines à coudre et réunions conviviales. Il recommande en conclusion de fonder à Vienne une association syndicale neutre du même type.
OriginalDeutsch
Das Problem der direkten Besteuerung in Oesterreich
Die Nationaloekonomie als Unterrichtsgegenstand an den oesterreichischen Handelslehranstalten. Ein Beitrag zur Pädagogik und Methodik der Nationaloekonomie
Bessere Leut' est une comédie en dialecte viennois en trois actes de Julius v. Gans-Ludassy et Alexander Engel, parue en 1904 au Wiener Verlag. Au centre se trouve la famille Dobler, appauvrie, qui sauve les apparences d'une aisance bourgeoise tandis que le comptable licencié Anton Dobler, son épouse ambitieuse Betti et leur fils oisif Toni vivent de crédit, d'emprunts et d'escroqueries. La pièce oppose à ce milieu la fille Martha, qui refuse de se marier par calcul, cherche un travail honnête comme professeur de piano et finit par épouser par affection le petit fonctionnaire Etthofer. Une seconde intrigue suit le contremaître Zernitz, dont l'héritage attendu se révèle un château en Espagne, ainsi que la manœuvre de Toni autour de sa nièce Paula. La comédie met en scène, dans le dialogue, l'orgueil de classe, l'argent et la respectabilité ; le titre "bessere Leut'" (les gens bien) est à entendre ironiquement.
"The Principles of Economics" de Frank A. Fetter (1905) est un manuel d'introduction qui édifie l'ensemble de la théorie économique sur une théorie subjective de la valeur : toutes les valeurs sont ramenées au revenu psychique, à la satisfaction immédiate des besoins. À partir de l'utilité marginale, de la demande et de l'échange, Fetter développe pas à pas une théorie unifiée de la répartition et subordonne à ce principe la rente, la capitalisation, l'intérêt (time-value), le salaire et le profit de l'entrepreneur. L'ouvrage se divise en trois parties : la valeur des choses matérielles, la valeur des services humains et les aspects sociaux de la valeur (propriété, répartition, monnaie, impôts, commerce extérieur, monopoles, réglementation étatique). Selon la préface, le texte est issu de cours donnés à la Cornell University et vise une analyse subjective de bout en bout, plutôt que le mélange traditionnel de concepts objectifs et subjectifs de la valeur ; un appendice de questions et de notes bibliographiques accompagne les 57 chapitres.
OriginalEnglish
Muendliches Gutachten ueber die Reform der Gebaeudesteuer
Recension collective de Ludwig von Mises portant sur la littérature récente consacrée à la monnaie et à la banque, parue vers 1908 dans une revue de sciences économiques. Mises rend compte de 41 ouvrages en langues allemande, anglaise et française et les évalue, classés par champs thématiques : d'abord deux travaux de théorie monétaire (l'histoire des doctrines des théories de la valeur de la monnaie de Hoffmann, la refondation par Kemmerer fondée sur la théorie quantitative), puis des écrits sur le marché monétaire allemand et la Reichsbank, sur la question bancaire autrichienne et suisse, ainsi que des monographies sur des questions particulières comme le système monétaire du Luxembourg et les banques coloniales françaises. De façon récurrente, il examine la solidité des théories de la valeur de la monnaie et de la monnaie, apprécie l'abondance des matériaux et la méthode, et se démarque de la doctrine de l'étalon-or comme des propositions inflationnistes. La théorie étatique de la monnaie de Knapp et la question des paiements en espèces traversent la recension comme points de référence.
Ludwig von Mises examine si l'Autriche-Hongrie devrait reprendre formellement les paiements en espèces, c'est-à-dire l'obligation légale de la Banque austro-hongroise de convertir ses billets en or. Sa thèse centrale : économiquement, l'étalon-or existe déjà depuis longtemps, car la banque cède librement de l'or et des devises libellées en or à tout moment depuis 1896 et maintient les cours de change entre les points-or. Une réglementation légale ne ferait que reconnaître juridiquement cet état de fait, sans rien changer à la politique de la banque. Mises réfute l'opinion dominante selon laquelle le faible taux d'escompte viennois reposerait sur la suspension des paiements en espèces, et l'attribue à l'absence d'endettement extérieur à court terme et à la faible activité de placement intérieure. Il discute de manière critique la Théorie étatique de la monnaie de Georg Friedrich Knapp et traite enfin du litige bancaire avec la Hongrie. Cette étude, divisée en huit sections, a paru dans le Jahrbuch de Schmoller et fut achevée à la fin de 1908.
OriginalDeutsch
The Foreign Exchange Policy of the Austro-Hungarian Bank
Ludwig von Mises répond à la réplique de Walther Federn et défend sa thèse selon laquelle la Banque austro-hongroise met à tout moment des devises à la disposition du marché à un cours inférieur au point-or supérieur, et paie donc de fait en espèces sous forme de devises. L'affirmation de Federn, selon laquelle la banque refuserait par moments de céder des devises aux arbitragistes de taux d'intérêt, Mises la rejette comme contraire aux faits : le seul moyen de défense de la banque contre les sorties d'or serait le relèvement du taux d'escompte. L'argumentation est empirique, fondée sur l'évolution des cours de la devise « places bancaires allemandes » depuis 1896, sur la crise de l'annexion de 1908-1909 et sur la crise de 1907, en s'appuyant sur les déclarations du gouverneur von Bilinski et sur les rapports de la chambre de la Bourse de Vienne. Le texte s'inscrit dans le débat contemporain autour de la théorie étatique de la monnaie de Knapp et des avantages d'une monnaie isolée.
Schumpeter développe une théorie purement économique du développement économique : la force qui transforme le système économique de l'intérieur émane de l'entrepreneur, qui impose de nouvelles combinaisons de moyens de production (nouveau bien, nouvelle méthode, nouveau marché, nouvelle source d'approvisionnement, nouvelle organisation). Le premier chapitre décrit le circuit statique d'une économie reposant en équilibre, où toute la valeur des produits remonte au travail et à la terre et où ne naissent ni profit d'entrepreneur ni intérêt. Les chapitres suivants traitent du phénomène fondamental du développement, du crédit et du capital comme création de pouvoir d'achat, du profit d'entrepreneur comme excédent sur les coûts, de l'intérêt du capital comme agio du pouvoir d'achat présent sur le pouvoir d'achat futur, et enfin du cycle économique, dont l'essor et la dépression s'expliquent par l'apparition en grappes des entrepreneurs. Schumpeter sépare constamment la statique de la dynamique et met son approche en relation avec Walras et Marx.
OriginalDeutsch
Autres éditions
The Theory of Economic Development: An Inquiry into Profits, Capital, Credit, Interest, and the Business Cycle
OriginalEnglish
Objekt und Grundbegriffe der theoretischen Nationalökonomie
Source Book in Economics, édité par Frank A. Fetter (The Century Co., New York, 1912), est un recueil de sources primaires choisies, assemblé pour les cours d'économie universitaires comme complément aux Principles of Economics de Fetter. Il rassemble quarante-trois extraits numérotés, regroupés en sept parties : les marchés et les prix ; la richesse et ses usages ; le capital et l'investissement ; le travail et la population ; les coûts, profits et monopole ; les revenus privés et le bien-être social ; l'État et l'industrie. Chaque extrait s'ouvre sur une brève note éditoriale et reproduit un passage tiré d'un rapport officiel (Tariff Board, Interstate Commerce Commission, Commissioner of Corporations, la Monnaie, le Comptroller of the Currency), d'une étude universitaire ou d'un auteur classique tel que Herbert Spencer et Henry Maine. L'objectif est de placer des éléments factuels concrets et des constats officiels en regard des questions théoriques traitées dans le manuel, en couvrant l'échange, la rente, la valeur des terres, les salaires, l'immigration, le monopole, la monnaie, la banque et la réglementation des chemins de fer.
OriginalEnglish
Bericht des Zentralverbandes österreichischer Kaufleute über die Stellung der Kaufmannschaft zur Vorbereitung der Handelsverträge
Ludwig von Mises examine un projet de loi gouvernemental autrichien de 1911 destiné à réorganiser les taxes sur les contrats d'assurance, de rente viagère et de prévoyance. Il expose que le droit des taxes en vigueur, issu de la loi provisoire de 1850, est devenu confus et contraire à la politique sociale, car il grève proportionnellement davantage les plus faibles économiquement. Le projet remplace la multitude des timbres et taxes particulières existants par deux taxes en pourcentage sur les primes encaissées et sur les sommes versées en règlement de sinistres, ce que Mises reconnaît comme un progrès du point de vue technique. En même temps, il critique la forte augmentation de la charge des taxes, le traitement particulier des prêts sur police, le pouvoir d'appréciation du ministère des Finances pour les opérations à l'étranger, et compare les taux avec l'imposition prussienne des assurances, plus basse. Il replace le projet dans la situation budgétaire de l'État et dans les rapports de force entre partis à la Chambre des députés.
Brève recension de Ludwig von Mises sur l'écrit d'Otto Heyn « Erfordernisse des Geldes » (Les exigences de la monnaie) (Leipzig 1912). Mises rend hommage aux contributions de Heyn à la théorie monétaire, mais voit dans cette esquisse l'erreur fondamentale de la méthode de Heyn se manifester de façon particulièrement nette : Heyn esquive systématiquement le problème central de la théorie monétaire, à savoir les facteurs déterminant le pouvoir d'achat de la monnaie. Il rapporte la thèse de Heyn selon laquelle, dans le commerce ordinaire des marchandises, personne ne tiendrait compte de la masse monétaire et selon laquelle les variations de la masse monétaire n'influenceraient directement que l'intérêt, en particulier l'escompte, tandis que la valeur d'échange de la monnaie ne serait touchée qu'indirectement. Mises objecte que de telles propositions contredisent la doctrine dominante et les faits de la théorie quantitative de la monnaie et auraient exigé une justification approfondie, que Heyn n'apporte pas.
Brève recension de Ludwig von Mises sur la monographie de Paul Stiassny « Der österreichische Staatsbankerott von 1811 » (La banqueroute de l'État autrichien de 1811) (Vienne et Leipzig 1912). Mises critique le fait que l'auteur ne consacre que 43 pages à l'exposé proprement dit, qu'un traité théorisant placé en tête « sur le problème de l'État à billets » suscite la contradiction, et que le reste du livre se compose de la reproduction littérale de patentes et de documents. Un tel travail aurait peut-être trouvé des applaudissements il y a deux décennies, mais le critère scientifique entre-temps plus strict de l'histoire économique ne le laisse plus passer. Mises renvoie aux « Finanzen Österreichs im XIX. Jahrhundert » de Beer, qui, malgré tous ses défauts, renseigne mieux sur la catastrophe de 1811, et classe l'écrit de Stiassny comme un simple écrit de circonstance pour le centenaire de la banqueroute.
Ludwig von Mises rend compte de l'étude méthodologique d'Andreas Walther « Geldwert in der Geschichte » (La valeur de la monnaie dans l'histoire) (1912), une tentative de fonder la méthode de l'histoire des prix pour les disciplines historiques. Mises salue cette recherche comme pénétrante et nourrie de lectures, et souligne que Walther se rattache à la méthode budgétaire affinée par Wieser. Le but de l'histoire des prix serait l'acquisition d'une vue vivante de la valeur d'usage sociale des indications de prix historiques, et non leur conversion en monnaie actuelle. Mises porte un regard critique sur la tentative de Walther d'établir des échelles de stratification sociale et des « budgets normaux » : la notion de normal serait inapplicable pour l'historien, et les concessions faites à la conception dominante dans les milieux historiens iraient trop loin. Malgré ces objections, Mises recommande vivement ce travail à la lecture des statisticiens et des historiens.
"Der Sonnenstaat" est un drame en cinq actes de Julius v. Gans-Ludassy, paru en 1904 au Wiener Verlag et écrit en vers blancs. Au centre se trouve l'ancien bouffon de cour Jean Marot qui, meneur déguisé d'une insurrection, contraint le roi Leo, faible, à signer la création d'un "État du Soleil" d'organisation communiste : propriété privée supprimée, droit de succession aboli, éducation des enfants étatisée et mariage dissous. Au fil des actes suivants, la pièce montre comment cet État de contrainte échoue par la pénurie, la bureaucratie, la corruption et le mécontentement du peuple, tandis que le chancelier Reinhart le sape en sous-main. L'action aboutit à la chute de Marot, à sa condamnation pour haute trahison et à sa mort sur l'échafaud, peu avant que la reine Regine, devenue régente, ne prononce sa grâce. L'œuvre traite sous forme dramatique du conflit entre la promesse utopique d'égalité et la liberté individuelle.
OriginalDeutsch
Oesterreichs Wasserwirtschaft in Vergangenheit und Zukunft
"Economic Principles" de Frank A. Fetter (The Century Co., New York 1915) est le premier volume d'un manuel en deux tomes et développe une théorie unifiée de la valeur appliquée à la répartition, dans les conditions du système de prix moderne. La valeur, la rente, le salaire et l'intérêt sont traités, comme l'auteur le rappelle dans la préface en lien avec ses "Principles of Economics" (1904), comme différentes manifestations des mêmes principes généraux, et non comme des phénomènes distincts obéissant chacun à ses propres lois. La construction conduit du rapport entre choix, évaluation et valeur, en passant par l'échange, le prix et la concurrence, jusqu'à la rente, le salaire, la préférence temporelle et la capitalisation, le profit de l'entreprise, et enfin jusqu'aux changements dynamiques tels que la population, les rendements décroissants et le rapport entre théorie de la valeur et bien-être social. L'exposé argumente en six parties et 39 chapitres numérotés, illustrés en grande partie par la situation américaine de l'époque, et se démarque expressément de l'analyse plus ancienne, devenue conventionnelle dans les manuels universitaires.
La notice nécrologique de Carl Menger consacrée à Eugen von Böhm-Bawerk (1851 à 1914), parue en 1915 dans l'Almanach de l'Académie impériale des sciences de Vienne et complétée ici par des notes tirées de textes de Schumpeter. La première partie retrace le parcours de vie : études à Vienne, habilitation en 1880, chaire à Innsbruck, plusieurs mandats de ministre autrichien des Finances, et enfin la présidence de l'Académie. La deuxième partie rend hommage à l'œuvre scientifique, depuis le premier écrit sur les droits et rapports, en passant par la théorie de la valeur des biens, jusqu'à l'ouvrage majeur Histoire et théorie de l'intérêt du capital. Menger résume brièvement la théorie positive de l'intérêt (raisons psychologiques et techniques de la préférence pour les biens présents sur les biens futurs) et situe la critique internationale, parfois vive, sans pour autant y voir une diminution de l'importance de Böhm-Bawerk.
Modern Economic Problems (1926) est le deuxième volume du manuel d'économie politique de Frank A. Fetter et traite des questions appliquées de politique économique aux États-Unis, tandis que le premier volume expose la théorie de la valeur et de la répartition. En six parties et 35 chapitres, Fetter examine la monnaie et les prix (origine de la monnaie, théorie quantitative de la monnaie, papier-monnaie fiduciaire et politique, étalon-or), les banques et l'assurance (Federal Reserve Act, crises, assurance-vie), les droits de douane et la fiscalité, les salaires et le travail (syndicats, salaire minimum, assurance sociale, immigration), la politique publique à l'égard de l'économie privée (agriculture, transport, monopole) ainsi que la propriété privée et le socialisme. Chaque chapitre est divisé en paragraphes numérotés et se clôt par une liste de lectures ; de nombreux tableaux et graphiques illustrent les statistiques. L'édition révisée intègre expressément les conséquences économiques de la Première Guerre mondiale. Fetter écrit du point de vue de la "welfare economics" et se démarque de la pure "price economics".
Le "Manual of References and Exercises in Economics" de Frank A. Fetter (tome I, The Century Co., 1916) est un cahier de travail accompagnant le premier volume de son manuel "Economic Principles". Il associe à chacun des 39 chapitres du manuel un appareil en deux parties : une sélection commentée de lectures (ouvrages de référence, articles de revue et les recueils Materials, Readings et Source Book) ainsi qu'une série de questions d'exercice et de problèmes de calcul. Les thèmes suivent la construction de la théorie du prix et de la répartition : choix et valeur, marché et formation des prix, concurrence et monopole, rente, salaire, préférence temporelle et capitalisation, population, ainsi que machines et travail. Dans la préface, Fetter souligne que les exercices visent moins à éprouver la mémoire qu'à former l'observation et la clarté du raisonnement, et que la préférence a été donnée aux exercices arithmétiques.
Le "Manual of References and Exercises in Economics" de Frank A. Fetter (tome II, 1917) est un cahier d'accompagnement de son manuel "Modern Economic Problems". Il organise la matière en 31 chapitres, des ressources matérielles de la nation à la monnaie, aux banques, aux crises, à l'assurance, au commerce extérieur, aux droits de douane et aux impôts, jusqu'au travail, à la population, au chemin de fer, au monopole, à la propriété publique et au socialisme. Chaque chapitre propose une liste de lectures commentée renvoyant à des sources de l'époque (Jevons, Fisher, Taussig, Phillips, le Source Book), suivie d'une série de questions d'étude et de problèmes de calcul. Les exercices vont de questions conceptuelles à des calculs de bilan et de nombres-indices, jusqu'à des cas portant sur l'avantage comparatif. La préface cite des collègues de Princeton ainsi que Stanley E. Howard comme collaborateurs et renvoie à des listes d'exercices plus anciennes, développées depuis 1904. Le cahier sert à l'étude individuelle et au travail en classe, non à un exposé suivi de la théorie.
Dans cet écrit paru à Vienne en 1918, Ludwig von Mises expose comment les coûts de la Première Guerre mondiale sont supportés par l'économie nationale et répartis entre les citoyens. Sa thèse centrale : une guerre ne peut se mener qu'avec des biens présents, ce n'est pas la monnaie qui décide mais les biens réels disponibles, et les charges sont toujours portées par la génération présente, non par la génération future. Mises distingue trois voies de financement de l'État (la confiscation sans indemnité, l'impôt, l'emprunt) et explique pourquoi le financement par l'emprunt n'est ni un avantage accordé aux capitalistes ni un report sur les générations ultérieures. Contre la crainte d'une banqueroute de l'État, il oppose que l'Autriche-Hongrie a contracté ses dettes de guerre à l'intérieur du pays et que ce sont surtout les petits épargnants qui seraient touchés, à la différence du cas russe cité. Comme danger sérieux, il désigne la dépréciation de la monnaie par l'augmentation des billets, contre laquelle ni les obligations foncières, ni les hypothèques, ni les biens immobiliers n'offriraient une protection sûre, et plaide ainsi pour la souscription de l'emprunt de guerre.
OriginalDeutsch
Control of Wealth and Economic Life—Discussion, American Economic Review
Dans cet article de journal, Ludwig Mises expose qu'une augmentation de la masse monétaire fait monter les prix de tous les biens et services, et qu'aucune mesure de politique économique ne peut arrêter cette hausse. La hausse des prix intérieurs et la hausse des cours de la monnaie étrangère seraient les deux faces d'un même phénomène : le cours du change se règle sur le pouvoir d'achat de la monnaie intérieure, et non sur la balance des paiements, parce que l'importation et l'exportation dépendent en premier lieu des prix. Il en conclut que ni les ordonnances contre la spéculation sur les prix ni un office d'État des devises ne peuvent freiner la dépréciation de la couronne ; certaines interventions, comme l'obligation de livrer les devises, agiraient même comme un droit de douane à l'exportation. Le seul remède serait l'assainissement du budget de l'État, afin que celui-ci puisse renoncer à la planche à billets ; faute de quoi menacerait, comme dans le cas des assignats français, l'effondrement complet de la valeur de la monnaie.
En 1918, Ludwig von Mises rend compte de l'étude de Walter Huth sur le développement des grandes banques allemandes et françaises en lien avec leurs économies nationales respectives. Inspiré par la distinction d'Adolf Weber entre banques de dépôt et banques de spéculation, Huth met en regard comparativement les systèmes bancaires allemand et français et donne la préférence à l'économie bancaire mixte sur l'économie bancaire spécialisée. Mises juge le travail diligent et riche en matériaux, mais critique deux défauts : la limitation au matériel imprimé et le caractère apologétique, qui fait de l'étude un plaidoyer en faveur du système allemand. Il regrette surtout l'absence de l'idée que la différence entre les deux types de banques s'explique moins par la technique bancaire que par la structure de l'industrie et du commerce. Le chapitre final sur les conséquences de la Guerre mondiale, il le juge prématuré.
Dans cette brève nécrologie, Ludwig Mises rend hommage à l'industriel et économiste autrichien Richard Lieben. Au centre se trouve l'œuvre scientifique principale de Lieben, les « Untersuchungen über die Theorie des Preises » (Recherches sur la théorie du prix), écrites avec son beau-frère Rudolf Auspitz (parues il y a trente ans), qui travaillent selon une méthode analytique et une représentation graphique et ne trouvèrent de ce fait qu'une lente reconnaissance. Mises ne range pas Auspitz et Lieben dans l'école autrichienne, mais les place, en raison de leur méthode mathématique, aux côtés de Walras et de Jevons. Il met en outre en avant les écrits mineurs de Lieben sur les questions monétaires, son engagement en faveur d'une politique de monnaie saine contre les doctrines inflationnistes et ses contributions à l'enquête sur les changes de 1892. Le texte se termine par la mention d'une affection oculaire qui priva Lieben de son propre travail dans ses dernières années.
Ludwig Mises répond à un article du conseiller des finances Dr Franz Bartsch et défend la thèse selon laquelle la dépréciation de la couronne est causée par l'inflation, c'est-à-dire par l'augmentation des billets, et non par une balance des paiements défavorable. Selon Mises, Bartsch défend la théorie de la balance des paiements ; un point de vue intermédiaire entre les deux doctrines, Mises le conteste. À l'aide de plusieurs exemples tirés du texte de Bartsch (risque à l'importation, obligation d'exporter imposée par la centrale des devises, importation de fromage et de montres), il soutient que les ordonnances sur les devises manquent leur but et sont marquées par l'esprit du mercantilisme. Il rejette également la planche à billets destinée à approvisionner la population : l'inflation n'augmente pas le stock de biens, mais agit comme un impôt qui redistribue les revenus et les patrimoines des résidents. Quiconque veut assainir la monnaie doit combattre la doctrine de la balance des paiements et mettre fin à l'inflation.
Dans cet article paru en 1919 dans le Neues Wiener Tagblatt, Ludwig Mises analyse le déséquilibre de l'imposition directe entre la ville et la campagne dans l'Autriche d'après-guerre. Sa thèse centrale : la propriété foncière rurale contribue de fait toujours moins, en raison de taux d'imposition fixes du revenu vidés de leur substance par la dépréciation monétaire, tandis que la population urbaine et industrielle est pressurée par l'imposition de gains de guerre apparents, dus à l'inflation. Mises montre comment la comptabilité, lorsque la valeur de la monnaie baisse, fait apparaître comme un bénéfice de simples variations d'expression monétaire, et critique le prélèvement en nature comme une régression sur le plan des techniques financières. Il demande que la rente foncière, seule richesse naturelle du pays, soit soumise à l'impôt et que l'imposition forestière soit incamérée conformément au principe de précision. Le texte associe un diagnostic de politique fiscale à une argumentation de théorie monétaire.
Dans ce bref article de politique économique, Ludwig Mises plaide pour le rétablissement d'opérations à terme et au comptant en bonne et due forme, de type boursier, sur les monnaies étrangères et les devises, ainsi que pour la suppression de l'office des changes de Vienne. Le point de départ est la dépréciation continue de la couronne : les importateurs qui font venir des marchandises de l'étranger à crédit et les vendent à l'intérieur contre des couronnes supportent un risque de change à peine soutenable et, faute d'un marché à terme opérant, n'ont aucun moyen de se couvrir. Mises soutient que les restrictions de change existantes produisent le contraire de leur but et ne sont maintenues que comme partie du système de l'économie de guerre et de transition. Il souligne l'importance accrue de Vienne comme place commerciale entre l'Est et l'Ouest, et conclut en rappelant que toutes les mesures restent sans effet tant que l'inflation se poursuit par l'émission incessante de nouveaux billets.
En 1919, Ludwig Mises examine comment le système monétaire de l'Autriche allemande devrait être rattaché à celui du Reich allemand, dans l'hypothèse où le rattachement politique se réaliserait. Sa thèse centrale : le rattachement politique entraîne nécessairement le rattachement monétaire, car une couronne autonome ne peut subsister à côté d'une politique commune. Mises retrace d'abord l'histoire de la monnaie autrichienne (Union monétaire de Vienne de 1857, régulation de la valeur monétaire de 1892, inflation de guerre), puis il développe deux voies vers l'unification : la simple adoption de la monnaie-mark par une banque d'émission austro-allemande propre, ou l'intégration complète à la Reichsbank allemande ; il rejette le modèle de deux banques en cartel. Une large place est accordée à la condition préalable touchant aux finances publiques (le Reich reprend une partie de la dette de guerre autrichienne) et à la fixation du taux de conversion entre la couronne et le mark, qui devrait se régler sur le pouvoir d'achat et non sur la parité d'avant-guerre. Mises conclut que la communauté monétaire ne vaut que si les deux États renoncent à toute inflation ultérieure.
Ludwig Mises réagit à une dépêche de Copenhague selon laquelle le gouvernement soviétique aurait aboli la monnaie et l'aurait remplacée par des bons de paiement à durée limitée émis par les organismes étatiques de distribution des marchandises. Il interprète cette mesure comme une nouvelle tentative, imposée par la contrainte des circonstances, pour faire face à la dépréciation galopante du rouble, et établit des parallèles avec les assignats de la Révolution française et avec la monnaie continentale des États-Unis. Au fond, il soutient que dans la communauté purement socialiste, où les moyens de production, en tant que res extra commercium, n'ont pas de prix monétaire, aucun calcul économique n'est possible : sans calcul économique, pas d'activité économique, et ni la statistique, ni le calcul en nature, ni le calcul en heures de travail ne peuvent combler cette lacune. Le texte renvoie à Stourm comme historien de la politique financière révolutionnaire ainsi qu'à l'exigence de Lénine d'une comptabilité de type bourgeois, et qualifie la question du calcul de problème principal et fondamental du socialisme.
À l'occasion du quatre-vingtième anniversaire de Carl Menger, Ludwig von Mises rend hommage à son œuvre et à son influence sur l'économie politique. Il retrace comment la science se trouvait au milieu du dix-neuvième siècle à un point mort et comment, vers 1871, Menger en Autriche, Jevons en Angleterre et Léon Walras en Suisse fondèrent indépendamment les uns des autres la théorie de la valeur sur la valeur d'usage subjective des biens. Les « Grundsätze der Volkswirtschaftslehre » de Menger sont décrits comme le livre qui bouleversa la discipline et sur lequel s'appuie tout le travail ultérieur. Le texte renvoie aux « Untersuchungen über die Methode der Sozialwissenschaften » de 1883, aux contributions de Menger au problème monétaire, et à Wieser et Böhm-Bawerk comme les autres principaux représentants de l'école autrichienne. En conclusion, Mises assigne à l'œuvre de la vie de Menger un rang impérissable dans l'histoire des sciences sociales.
Mises commente l'effondrement spectaculaire des monnaies d'Europe centrale à la fin de janvier 1920 et impute les chutes de cours de la couronne, du Reichsmark et de la couronne tchèque exclusivement à la poursuite de la politique inflationniste des États ayant pris part à la guerre. Renvoyant à la monnaie continentale nord-américaine de 1781 et aux assignats français de 1796, il avertit qu'à politique inchangée, l'effondrement des monnaies jusqu'au point zéro deviendra inévitable, avec des conséquences bien plus lourdes qu'à l'époque, parce que l'Europe centrale est industrialisée. Il explique le net recul du Reichsmark par les doctrines inflationnistes de Knapp et de Bendixen ainsi que par la proposition de Bendixen de rembourser les emprunts de guerre allemands par cent milliards de nouveaux billets, tandis que les lois fiscales d'Erzberger paralysaient en même temps l'industrie allemande. Il relie la question monétaire au danger d'un renversement bolchevique et demande une révision des traités de Versailles et de Saint-Germain. Pour l'Autriche allemande, il conclut que seul l'arrêt immédiat de l'inflation pourrait encore éviter la banqueroute de l'État.
Dans ce texte fondateur du débat sur le socialisme, Mises établit la preuve qu'une économie rationnelle est impossible dans la collectivité socialiste, parce que la suppression de la propriété privée des moyens de production fait aussi disparaître leurs prix de marché. Sans prix monétaires pour les biens productifs, il manque le dénominateur commun qui porte le calcul économique ; ni le calcul en nature ni la théorie marxiste de la valeur-travail ne peuvent rendre ce service, car la première échoue pour les biens d'ordre supérieur et la seconde ne saisit ni la qualité différente du travail ni la consommation de facteurs matériels de production. En cinq sections, Mises traite de la répartition des biens de consommation, de la nature du calcul économique, de son impossibilité dans l'économie collective, du problème de la responsabilité et de l'initiative dans l'entreprise étatisée, ainsi que d'une discussion des écrits d'Otto Bauer et de Lénine, chez qui, selon son analyse, le véritable problème du calcul n'est même pas parvenu à la conscience. Paru en 1920 dans l'Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik, cet article fut l'étincelle initiale du débat sur le calcul socialiste et passe aujourd'hui encore pour la réfutation théorique la plus tranchante de l'économie planifiée.
Dans cet essai paru en 1921 dans la « Neue Freie Presse », Ludwig Mises examine les droits des détenteurs de billets de la Banque austro-hongroise lors de sa liquidation à la suite du traité de Saint-Germain. Sa thèse centrale : les billets de guerre étaient matériellement des billets d'État, émis seulement formellement par la banque, raison pour laquelle les détenteurs de billets ne peuvent prétendre à rien au-delà de l'échange contre le nouveau moyen de paiement légal à la valeur de change en vigueur. Une indemnisation allant au-delà serait un cadeau inespéré accordé précisément à ceux qui ont profité de la dépréciation monétaire, et n'atteindrait pas ceux qui ont été lésés par l'effondrement du cours. Mises critique en particulier le point 9 de l'article 206, qui accorde aux États successeurs présentateurs un droit égal sur l'ensemble de l'actif de la banque, comme une bonification supplémentaire injustifiée du point de vue de la théorie monétaire, et qui de surcroît porte atteinte aux droits des autres créanciers et des actionnaires.
Dans ce bref essai de politique économique, Ludwig Mises s'oppose au projet d'une taxe viennoise sur les articles de luxe élaboré par la municipalité de Vienne. Sa thèse centrale : une telle taxe frapperait avant tout l'industrie viennoise du luxe et des produits finis, dont l'écoulement se fait en grande partie par le commerce de détail auprès d'étrangers séjournant temporairement à Vienne. Contrairement à un impôt ordinaire sur la consommation, la charge ne pourrait pas être reportée sur ces acheteurs étrangers, puisque ceux-ci pourraient simplement adresser leurs commandes à la concurrence à l'étranger. Mises renvoie à la loi allemande sur la taxe sur le chiffre d'affaires du 24 décembre 1919, qui exempte les exportations, et à la taxe tchécoslovaque sur le luxe, qu'il interprète comme une mesure de combat économique dirigée contre Vienne en tant que place commerciale. Comme une exonération fiscale en faveur des acheteurs étrangers est pratiquement irréalisable, toute l'idée de la taxe se révèle inapplicable pour Vienne et met en danger les commerçants, les employés et les ouvriers du secteur du luxe.
Dans ce court essai issu de la période d'inflation autrichienne, Ludwig von Mises esquisse un programme de politique économique pour stabiliser la couronne et l'économie viennoise. Sa thèse de base : les conditions objectives d'un épanouissement de l'Autriche sont réunies, mais une politique défaillante épuise l'héritage des décennies antérieures de libre économie. Il attribue la dépréciation progressive de la couronne à l'inflation des billets de banque, qui ne peut être stoppée que par la suppression du déficit de l'État, surtout par la privatisation des entreprises publiques et la réduction de l'aide alimentaire. En quinze points numérotés, il réclame la stabilisation de la valeur de la monnaie plutôt que la baisse des prix, la libération du commerce des devises, la levée de toutes les interdictions d'importation et des entraves aux échanges, ainsi que le libre-échange et des avantages fiscaux pour les nouvelles installations industrielles. Mises adresse ce programme à un homme politique qui le lui avait demandé, et conclut avec scepticisme que presque aucun parti n'est prêt à le mettre en œuvre, tout en espérant que le raisonnable finira par s'imposer.
OriginalDeutsch
Prolegomena zu einer Theorie der oekonomischen Daten
Mises argumente contre l'exigence répandue de soulager, par l'émission de nouveaux billets, la situation ressentie comme une pénurie de monnaie. La pénurie de monnaie, entendue comme une hausse du taux d'intérêt à court terme, ne saurait être corrigée par l'augmentation de la masse monétaire : une masse monétaire plus grande ne fait que relever les prix et les salaires, sans abaisser le taux d'intérêt. Au contraire, la dépréciation attendue de la monnaie pousse les taux à la hausse, parce que les créanciers exigent une prime de pouvoir d'achat. Le manque de billets dans la circulation quotidienne, Mises l'interprète comme un phénomène d'inflation déjà très avancée, où les achats de panique anticipent une dépréciation future. Comme seul moyen, il cite l'arrêt de la planche à billets ; toute nouvelle extension de la circulation aggraverait le déséquilibre et menacerait de provoquer l'effondrement du système monétaire.
Ludwig von Mises rend compte de la troisième édition de l'ouvrage de William F. Spalding « Eastern Exchange, Currency and Finance » (Londres, 1920) et le recommande au lectorat allemand. Le point de départ est, selon Mises, une incompréhension répandue du Gold Exchange Standard dans la littérature monétaire allemande : il s'oppose à Georg Friedrich Knapp et à ses disciples, qui interprétaient à tort la politique austro-hongroise de la monnaie à couverture-or et négligeaient le fait qu'elle correspond à la politique du Gold Exchange Standard suivie en Inde britannique, laquelle se rattache aux « Proposals for an Economical and Secure Currency » (1816) de Ricardo. La présentation que donne Spalding des situations monétaires de l'Inde, de la Chine, du Japon et d'autres régions asiatiques serait particulièrement précieuse pour la période, difficile à cerner, de la guerre et de l'après-guerre. Au-delà du domaine monétaire, le livre traite aussi, selon Mises, de l'organisation commerciale et du régime douanier, et vaut ainsi comme manuel tant pour les économistes que pour le commerçant praticien.
Dans cette page commémorative, Ludwig Mises revient sur la commission d'enquête autrichienne sur la monnaie, qui siégea en mars 1892 à Vienne sous le ministre des Finances Steinbach et le chef de section Böhm-Bawerk. Il décrit le problème de l'époque : ce n'était pas une dépréciation progressive de la monnaie, mais une hausse de sa valeur qui poussait à la régulation des changes, laquelle dota l'Autriche-Hongrie d'une monnaie à couverture-or (Gold Exchange Standard) inspirée des idées de Ricardo. Mises oppose la situation de 1892 à celle du présent, où il faut d'abord couvrir le déficit budgétaire sans recourir à la planche à billets avant que le problème monétaire puisse être résolu. Il rend compte du débat entre le florin léger et le florin lourd et du plaidoyer de Benedikt en faveur du cours du moment. Comme leçon centrale, il retient que ce n'est pas la défaveur de la balance des paiements, mais l'inflation seule qui menace la stabilité de la valeur de la monnaie.
Brève recension de Ludwig Mises consacrée à l'étude de Hugo C. M. Wendel « The Evolution of Industrial Freedom in Prussia, 1840-1849 » (New York University Press, 1921). Mises caractérise ce travail comme un aperçu concis, fondé sur des sources imprimées, de la période de l'histoire industrielle prussienne qui s'acheva avec la victoire des idées corporatives dans l'ordonnance d'exception du 9 février 1849. Il classe la valeur de l'étude selon les catégories de lecteurs : pour le lecteur allemand, elle n'apporte guère de nouveau ; pour le lecteur américain, en revanche, elle offre un aperçu d'un monde qui lui est étranger, celui de la politique en faveur des classes moyennes artisanales. Comme faiblesse, il relève que les fondements relevant de l'histoire des idées de l'ordre économique médiéval restent négligés. La recension se termine par le lieu (Vienne) et la mention de l'auteur, et traite ainsi de la liberté d'entreprise, du système corporatif et de la politique des classes moyennes dans la Prusse de l'avant-Mars (Vormärz).
Dans cet essai achevé en 1923, Ludwig Mises étudie le versant monétaire et théorique de la stabilisation des monnaies, en partant de l'hyperinflation survenue dans le Reich allemand et en Autriche après la Première Guerre mondiale. Sa thèse centrale : la dépréciation progressive de la monnaie n'est jamais le résultat inéluctable de la situation économique, mais toujours la conséquence d'une politique inflationniste, à savoir la couverture des dépenses de l'État par l'émission de billets. Mises décrit l'effondrement possible d'une monnaie de papier, exige comme première condition de réforme l'arrêt de la planche à billets et le retour à l'or, et argumente contre la théorie de la balance des paiements ainsi que contre l'idée que le contrôle des changes pourrait enrayer la dépréciation. Il examine l'argument de l'inflationnisme conditionnel, les réparations du traité de Versailles, et esquisse les grandes lignes d'une nouvelle constitution monétaire liée à l'or. À l'appui de son propos, il convoque des cas historiques, la continental currency américaine (1781) et les mandats territoriaux français (1796). Il interprète enfin l'inflationnisme comme un problème idéologique, lié à l'étatisme et au socialisme.
OriginalDeutsch
Die ökonomischen Kategorien und die Organisation der Wirtschaft
Ludwig Mises rend compte de l'ouvrage de Waldemar Mitscherlich « Der Nationalismus Westeuropas » (Leipzig 1920). Au centre se trouve la distinction entre la nationalité, c'est-à-dire le fait de la diversité nationale des hommes, et le nationalisme, c'est-à-dire l'effet de certaines idéologies qui attribuent à cette diversité une signification pour le comportement social. Mises soutient que la négligence de cette distinction a conduit à chercher le critère de la nation ailleurs que dans la communauté de langue, et il renvoie à Arndt, Jakob Grimm et Wilhelm Scherer. Il salue l'ouvrage de Mitscherlich comme une tentative avant tout historique d'expliquer génétiquement la formation du nationalisme ouest-européen, mais il critique la négligence du problème économique, en particulier du lien entre nationalisme et protectionnisme, ainsi que l'idéal d'une économie d'union autarcique qui en découle.
OriginalDeutsch
Neue Beiträge zum Problem der sozialistischen Wirtschaftsrechnung
Dans ce bref article de journal, Ludwig Mises commente le livre « Der Selbstmord eines Volkes, Wirtschaft in Österreich » (Le suicide d'un peuple, l'économie en Autriche) de Siegfried Strakosch et en prend prétexte pour livrer son propre diagnostic de la situation économique autrichienne. Sa thèse centrale : le mal fondamental serait la domination de fait des idées socialistes et de la social-démocratie, qui empêche un assainissement du budget de l'État tant que les entreprises publiques ne sont pas cédées et que la journée de huit heures n'est pas remise en cause. Mises soutient que la politique financière socialiste revient à consommer et à détruire le capital productif, et établit un parallèle historique avec la politique financière des Jacobins, qu'il dépeint, à travers une longue citation de Stourm, comme une pure exploitation du présent aux dépens de l'avenir. Le texte se conclut sur l'avertissement de Strakosch appelant à un revirement complet.
Dans ce bref essai, Ludwig Mises rend hommage à l'action politique de Wilhelm Rosenberg, économiste et juriste, dont Mises voit l'importance dans son engagement en faveur d'un programme autrichien d'effort propre après l'effondrement de la monarchie des Habsbourg. Mises décrit la situation de l'État, tenu pour non viable après Saint-Germain, qui ne fondait son espoir que sur le rattachement interdit à l'Allemagne et sur des crédits étrangers, tandis que les réformes de politique intérieure restaient en suspens. Devant la menace d'effondrement monétaire à l'automne 1921, Rosenberg, élève de Carl Menger et adversaire de l'inflationnisme, intervint à titre privé aux côtés du ministre des Finances Gürtler. Son programme exigeait la suppression des subventions sur les denrées alimentaires, la fin de la planche à billets et l'élimination du déficit budgétaire avant que des crédits aient un sens. Mises oppose ce succès à l'accueil hostile des « adversaires de l'assainissement » de l'époque et conclut par une nécrologie personnelle de Rosenberg comme chef de la reconstruction économique.
Dans cette nécrologie écrite pour le dixième anniversaire de sa mort, Ludwig Mises rend hommage à Eugen von Böhm-Bawerk comme savant, enseignant et homme d'État. Il retrace son parcours scientifique : du premier exposé sur l'intérêt du capital en 1876, en passant par les travaux préparatoires des années 1880, jusqu'à la « Positive Theorie des Kapitals » (Théorie positive du capital) de 1889, l'œuvre maîtresse de la théorie de l'intérêt. Mises souligne la reconnaissance internationale de la doctrine de Böhm-Bawerk et l'incompréhension longtemps persistante, dans l'Empire allemand, à l'égard de l'« école autrichienne ». Le texte est suscité par un recueil des écrits mineurs de Böhm-Bawerk publié par Franz X. Weiß (1924). Mises cite longuement les déclarations tardives de Böhm sur la balance commerciale passive et sur l'économie des finances publiques, qu'il lit comme un diagnostic lucide des finances de l'État autrichien.
La conférence défend l'étalon-or contre les propositions de le remplacer par un système monétaire dirigé par l'État ou fondé sur des indices de prix. Mises considère que les politiques d'inflation et de déflation des années d'après-guerre sont réfutées tant en pratique qu'en théorie, et voit l'avantage décisif de l'or dans le fait que les variations de sa valeur restent indépendantes des interventions gouvernementales. Le cœur de l'argumentation est la critique du système des indices : le choix et la pondération des marchandises, le choix de la valeur moyenne et le déplacement constant de la consommation rendraient impossible une mesure exacte de la valeur de la monnaie. Mises examine ensuite l'étalon de change-or avec couverture en devises ainsi que les projets de Keynes et d'Irving Fisher, et rejette les deux. Le résultat : le choix ne se pose qu'entre l'étalon-or et une monnaie manipulée, et l'or, sans être une solution idéale, est dans les conditions données la meilleure solution possible, dont le rétablissement exige des accords internationaux.
Ludwig Mises rend compte de la sixième édition de l'ouvrage de référence de Karl Helfferich, « Das Geld » (paru pour la première fois en 1903). Mises présente Helfferich comme le successeur de Ludwig Bamberger en théorie monétaire et en politique monétaire, qui aurait défendu l'étalon-or allemand contre les bimétallistes et les inflationnistes. Il situe la rupture décisive dès l'écart entre la première et la deuxième édition : Helfferich serait tombé sous l'emprise de la théorie étatique de la monnaie de Georg Friedrich Knapp et aurait cherché, dans un éclectisme que Mises juge intenable, à concilier Bamberger et Knapp. Comme second défaut, il signale la mise à l'écart complète de la littérature de théorie monétaire tant étrangère qu'allemande. La valeur durable du livre, Mises la voit dans ses développements d'histoire monétaire et de statistique, alors que, sur le plan théorique, il ne satisfait pas.
Dans cette conférence de 1924, Ludwig Mises traite la question de savoir si l'étalon-or doit être maintenu comme base du système monétaire international ou remplacé par un système de papier-monnaie dirigé par l'État. Après un règlement de comptes avec la politique d'inflation et de déflation des années d'après-guerre, il défend l'or comme protection contre les interventions des gouvernements dans la fixation de la valeur de la monnaie. Le cœur en est une critique de la monnaie à étalon-indice : par des difficultés pratiques et de principe du calcul de l'indice des prix (choix des marchandises, pondération, choix de la moyenne), Mises montre qu'aucun indice ne peut mesurer la valeur de la monnaie de façon univoque. Il s'attache aux projets de réforme de Keynes et d'Irving Fisher ainsi qu'à l'étalon de change-or, dans lequel la réserve est détenue en devises-or au lieu d'or effectif. Sa conclusion : l'étalon-or n'est pas idéal, mais, dans les conditions données, il est le meilleur possible, car l'alternative signifie des luttes d'intérêts permanentes autour de la valeur de la monnaie.
Ludwig Mises rend compte de l'écrit de circonstance de Gustav Seibt « Deutschlands kranke Wirtschaft und ihre Wiederherstellung » (L'économie malade de l'Allemagne et son rétablissement) (Bonn 1923), que le professeur de statistique de Bonn avait présenté au 1er décembre 1922. Mises salue le fait que l'écrit s'oppose résolument aux erreurs courantes de la politique économique de l'époque : Seibt s'appuie sur des développements de théorie monétaire, expose la théorie quantitative de la monnaie et rejette la théorie de la balance des paiements des cours des changes, afin de fonder sur cette base la critique des conceptions dominantes sur le bradage, la consommation de capital, la sous-production, la protection des locataires, la politique fiscale et les réparations. Le programme de réforme culmine dans les exigences « arrêt de la planche à billets » et « retour à l'économie libre ». Mises constate que l'avertissement de Seibt contre l'effondrement du système monétaire allemand s'est vérifié, mais qu'on ne l'a pas plus écouté que d'autres lanceurs d'alerte, et recommande l'écrit comme une introduction claire et accessible à tous aux problèmes théoriques de la politique économique allemande.
Dans ce volume de 1929, Ludwig von Mises réunit cinq études sur la politique économique et l'idéologie économique du temps présent, complétées par l'essai « Étatisation du crédit ? ». La thèse directrice : entre un ordre fondé sur la propriété privée des moyens de production et un ordre fondé sur la propriété collective, il n'existe aucune troisième forme durablement viable. L'interventionnisme, qui ne veut que réglementer la propriété privée par des interventions de l'autorité au lieu de l'abolir, serait contradictoire en lui-même : des interventions isolées comme les prix taxés ou les salaires minimaux manqueraient leur but et contraindraient l'État, pas à pas, à la socialisation complète. Mises argumente du point de vue de l'économie politique et discute de manière critique le socialisme de la chaire, l'École historique (Schmoller, Brentano, Herkner), J. M. Clark ainsi que le rapport de Sombart au marxisme. L'essai ajouté en annexe examine la proposition de Deumer d'un monopole étatique du crédit et ses conséquences bureaucratiques.
Ludwig Mises fournit un avant-propos à la monographie de Fritz Machlup sur l'étalon de change-or (gold exchange standard) et en esquisse du même coup l'objet. Il retrace comment, depuis la réforme monétaire allemande de 1871 à 1873, en passant par la réforme monétaire indienne des années 1890, s'est formé un étalon-or sans circulation effective d'or, dont l'origine intellectuelle remonte à l'écrit de Ricardo de 1816. Mises décrit les avantages de cette constitution monétaire (besoin moindre en or, réserves de change productrices d'intérêts) et son point critique : tous les pays ne peuvent détenir leur réserve simultanément en devises-or. Il situe la question dans le débat d'après-guerre, se démarque des propositions d'Irving Fisher et de Keynes, et salue l'exposé de Machlup, à la fois historique du point de vue de l'histoire des doctrines et systématique, ainsi que la première traduction allemande du plan monétaire de Ricardo donnée en annexe.
Dans cet essai de la série « Der Volkswirt », Ludwig Mises défend l'étalon-or contre les propositions contemporaines d'un ordre monétaire dirigé par l'État. Son argument central : l'avantage de l'or ne réside pas dans une prétendue valeur « en soi », mais dans le fait que l'augmentation et la diminution de la quantité d'or échappent aux influences politiques et sont soumises à la loi de la rentabilité de l'exploitation minière. Contre les plans d'une monnaie fondée sur des indices, défendus par Keynes, Josiah Stamp et Irving Fisher, il oppose deux objections : les variations du pouvoir d'achat ne peuvent être mesurées de manière univoque, et l'effet d'une variation de la masse monétaire sur les prix n'est ni proportionnel ni prévisible. Une monnaie indexée ferait de la formation de la valeur monétaire l'enjeu de luttes politiques. Mises attribue la hausse des prix des décennies précédentes moins à la production d'or qu'à l'augmentation délibérée de moyens fiduciaires non couverts.
Le compte rendu sténographique réunit les interventions de Ludwig von Mises lors du congrès de Stuttgart de l'Union pour la politique sociale (Verein für Sozialpolitik, 1924) consacré au versant théorique et économique-technique du problème monétaire. À la conception sceptique selon laquelle la théorie resterait sans conséquence, Mises oppose que ce sont précisément la théorie étatique de la monnaie et le rejet de la théorie quantitative qui ont rendu possible la politique inflationniste des années de guerre et d'après-guerre. Il interprète la stabilisation comme un passage à la monnaie à couverture-or, voire à couverture-dollar, écarte la crainte d'une inflation importée par les afflux d'emprunts et met en garde contre le fait de saper le remboursement effectif des billets par des artifices de technique bancaire ou des ordonnances sur les changes. Sur le plan de l'histoire des doctrines, il établit que l'opposition à la théorie quantitative n'est pas d'origine allemande, mais a été importée en Allemagne avec la théorie de la banque (Banking School). Dans ses répliques, il discute avec Bortkiewicz, Spitzmüller et Bernhard et décrit sa propre influence sur la politique monétaire autrichienne comme limitée à un travail littéraire et à des conférences.
Entwicklung der Reklame vom Altertum bis zur Gegenwart. Erfolgreiche Mittel der Geschaefts-Personen und Ideenreklame aus allen Zeiten und Laendern [mit Erwin Paneth]
Ludwig Mises rend compte du recueil en plusieurs volumes « Papers relating to Political Economy », dans lequel F. Y. Edgeworth réunit pour la première fois ses études et critiques parues au fil des décennies, dispersées dans l'Economic Journal. Mises classe Edgeworth parmi les principaux économistes anglais du tournant du siècle et expose la structure des trois volumes : valeur et répartition, théorie du monopole et de la monnaie, commerce international, fiscalité, économie politique mathématique ainsi que comptes rendus d'ouvrages. Au centre se trouve l'appréciation réservée d'Edgeworth à l'égard de la méthode mathématique, que Mises partage expressément et étaye par deux citations originales anglaises. Il relève qu'une part considérable de ces travaux apportaient du nouveau lors de leur parution, mais sont aujourd'hui dépassés, et salue Edgeworth surtout comme un esprit critique, plus enclin à repérer les problèmes qu'à les résoudre.
La préface de Ludwig von Mises (Vienne, le 5 janvier 1926) introduit la critique adressée par Siegfried Strakosch au nouveau programme agraire de la social-démocratie autrichienne. Mises interprète ce programme comme une tentative de transformer une grande partie de l'agriculture et de la sylviculture en une exploitation déficitaire : expropriation et nationalisation de la grande propriété foncière et des forêts, alors que, selon sa présentation, les entreprises fédérales travaillent toutes à perte. Il soutient que le programme promet à l'électorat rural des dépenses sur fonds publics sans en indiquer le financement, et ne vise qu'au gain de voix. Strakosch, présenté par Mises comme un agriculteur prospère ainsi qu'un naturaliste et un auteur en économie politique, examinerait le programme dans le détail. Mises espère que son exposé objectif ouvrira les yeux des lecteurs sur le danger d'une mise en œuvre.
Rezension zu: Rüdiger von der Goltz, Die Theorie der Wechselkurse in Deutschland während der Jahre 1914 bis 1922 verglichen mit Goschens Theorie von 1854
Reproduction d'une conférence donnée par Ludwig von Mises le 17 décembre 1926 devant la Fédération principale de l'industrie autrichienne. Mises soutient que l'Europe ne saurait attendre des États-Unis, ni sur le plan politique ni sur celui de la politique économique, la solution de ses problèmes d'après-guerre. Il retrace la transformation des États-Unis, passés d'importateurs de capitaux au premier créancier mondial après la guerre, et l'étaye par des chiffres de la balance des paiements et de la balance commerciale américaines pour les années 1925 et 1926. La contradiction interne, il la voit dans le protectionnisme douanier élevé : en tant que pays créancier, les États-Unis ne pourraient encaisser les intérêts de leurs débiteurs que par des importations de marchandises, alors que la politique douanière écarte précisément ces importations. Mises conclut que les États-Unis peuvent certes fournir des capitaux, mais non les fondements politiques et idéologiques de la reconstruction, lesquels doivent venir de l'Europe elle-même.
Ludwig von Mises rend compte de la première partie, anglo-allemande, du « Volkswirtschaftliches Wörterbuch » (Dictionnaire d'économie politique) de Hereward T. Price (Springer, 1926). Il salue le projet comme une réponse à un besoin éprouvé de longue date, mais critique vivement son exécution. Il déplore aussi bien des lacunes (par exemple Behaviorism, Institutionalism, Birmingham Currency School) que des termes courants superflus et surtout des explications imprécises ou fausses de termes techniques. À l'aide d'exemples comme hoard, acquisitive society, Banking Principle, residual claimant et invisible imports, Mises montre comment les entrées auraient dû être formulées plus précisément, et renvoie à la littérature spécialisée pertinente et à sa propre traduction dans « Die Gemeinwirtschaft ». Malgré ces objections, il tient le livre, déjà sous sa forme actuelle, pour un auxiliaire utile et attend des améliorations dans les éditions futures.
Ludwig von Mises rend compte de l'écrit de John Maynard Keynes « Das Ende des Laissez-Faire » (La fin du laissez-faire), prononcé en 1926 sous forme de conférence à Berlin. Keynes critique le libéralisme et le capitalisme, rejette la propriété privée libre des moyens de production, mais récuse en même temps le socialisme et recommande comme voie moyenne une propriété privée régulée par un contrôle social, exercée par des corps semi-autonomes dans le cadre de l'État. Mises tient cette proposition non pour quelque chose de nouveau, mais pour le programme depuis longtemps courant de la science officielle. Son objection principale vise le titre : Keynes ne parle que du « laissez faire », mais passe sous silence le « laissez passer », c'est-à-dire la libre circulation des personnes et des biens. C'est précisément parce que le monde n'est plus gouverné selon cette maxime depuis des décennies que Mises voit dans la guerre, la misère de masse et la dictature les conséquences de l'antilibéralisme dominant, non du libéralisme.
Ludwig von Mises rend compte des « Neue Briefe über Grundrente, Rentenprinzip und soziale Frage an Schumacher » (Nouvelles lettres sur la rente foncière, le principe de la rente et la question sociale à Schumacher) de Carl Rodbertus-Jagetzow, éditées par Robert Michels et Ernst Ackermann (Karlsruhe 1926, Verlag G. Braun), premier volume de la « Bibliothek der Soziologie und Politik ». Les lettres recueillies par Theophil Kozak traitent, selon Mises, du crédit agricole, du principe de la rente ainsi que de la question sociale et d'autres sujets politiques et économiques ; seules les lettres de Rodbertus sont conservées, non celles de Schumacher. Mises met en avant l'appendice d'environ 150 pages comprenant des pièces justificatives en partie inédites, et surtout l'introduction de Michels (« Rodbertus und sein Kreis »), qui remplacerait l'ouvrage plus ancien de Dietzel sur Rodbertus. Il juge cette édition comme une contribution intéressante aussi bien aux doctrines de Rodbertus qu'à l'histoire allemande après la fondation de l'Empire.
Ludwig von Mises rend compte de l'écrit d'Eduard Heimann « Die sittliche Idee des Klassenkampfes und die Entartung des Kapitalismus » (L'idée morale de la lutte des classes et la dégénérescence du capitalisme) (Verlag J. H. W. Dietz Nachf., collection « Schriften zur Zeit », 1926). Mises distingue deux parties dans le livre : dans la première, Heimann fonde, d'un point de vue teinté de marxisme et de religion, la lutte des classes comme valeur morale, ce que Mises critique comme une démonstration utilitariste et difficilement conciliable avec l'Évangile. La seconde partie, qui rejette le capitalisme en raison de l'inflation, des droits de douane et des cartels, Mises la prend au sérieux comme économiquement pertinente. Il conteste l'imputation de la faute par Heimann aux entrepreneurs et interprète plutôt les abus déplorés comme les conséquences nécessaires d'une politique interventionniste portée par toutes les classes. Le compte rendu situe ainsi le diagnostic de Heimann dans le cadre de la tradition du socialisme de la chaire et du protectionnisme, que Mises rejette.
Dans ce court texte programmatique, Ludwig von Mises situe la théorie monétaire dans le développement de l'économie politique théorique. Il divise l'histoire de celle-ci en une période classique et objectiviste (Hume, Smith, Ricardo, Malthus, Say) et le courant subjectiviste agissant depuis 1870 environ (Gossen, Menger, Walras, Jevons). Sa thèse centrale : l'école subjectiviste aurait longtemps tardé à appliquer sa théorie de la valeur à la monnaie, mais l'aurait fait dans les deux décennies précédant la rédaction, en expliquant, au-delà de la simple théorie quantitative, la formation de la valeur originelle de la monnaie par le principe de l'utilité marginale. Il y rattache la théorie de la banque dans le sillage de Wicksell et la théorie du cycle économique. Mises souligne la continuité avec la doctrine classique, renvoie à sa « Theorie des Geldes und der Umlaufsmittel » et à l'importance de la découverte que le calcul économique n'est possible que comme calcul en monnaie.
Ludwig von Mises décrit en 1928 l'état de la monnaie et des finances publiques de la République d'Autriche. Le point de départ est l'assainissement engagé en 1922 par le chancelier Seipel : renoncement à la planche à billets, équilibre du budget de l'État et fixation de la valeur-or de la couronne, par opposition à la politique inflationniste des années d'après-guerre sous Renner. Mises décrit la stabilisation réussie, l'introduction du schilling et du groschen en 1924 et la politique d'émission de la Banque nationale d'Autriche, liée à la loi bancaire. À partir du projet de budget fédéral de 1928, il analyse les recettes fiscales, les monopoles et les entreprises publiques déficitaires, surtout les chemins de fer fédéraux, la poste et les forêts. Il voit le plus grand besoin de réforme dans les coûteuses administrations des Länder et des communes et dans la politique de socialisme municipal de Vienne. Sa conclusion : la stabilisation a réussi, la tâche à venir relève de la politique de production, avant tout la réduction des impôts directs.
OriginalDeutsch
Zur Geschichte und Beurteilung der exakten Denkformen in den Sozialwissenschaften
Le volume réunit six études de politique économique de Ludwig von Mises, parues en 1929 sous le titre « Kritik des Interventionismus » chez Gustav Fischer ; la nouvelle édition de 1976 ajoute une introduction de F. A. Hayek et l'essai « Verstaatlichung des Kredits? ». Mises soutient qu'il n'existe pas de troisième voie durable entre la propriété privée et la propriété collective des moyens de production : l'intervention isolée de l'État dans les prix, les salaires et la production manque toujours le but visé par ses auteurs et pousse logiquement soit à la levée des interventions, soit au socialisme. Les textes prennent une position critique à l'égard de l'école historique allemande, du socialisme de la chaire (Schmoller, Brentano), de la théorie des salaires des syndicats, de Sombart ainsi que de la thèse de l'« économie liée » de Schmalenbach. Les morceaux finaux traitent de la théorie des taxes de prix et de l'étatisation du système du crédit.
Ludwig von Mises rend compte du premier volume du « Handbuch des Genossenschaftswesens » (Manuel de la coopération) d'Ernst Grünfeld (1928), consacré aux questions économiques et sociologiques. Mises constate que les attentes de politique économique autrefois si élevées à l'égard des coopératives de consommation, de production et agricoles, censées surmonter le capitalisme, ne se sont pas réalisées, mais que la coopérative, en tant que forme d'entreprise, a trouvé un champ d'activité durable. Au centre de son compte rendu se trouve la section sociologique (pages 42 à 49) : Mises reproche à Grünfeld de laisser de côté le rôle des coopératives au service d'idées politiques, religieuses, culturelles et nationales, alors que c'est précisément cette fonction extra-économique qui fait de la coopération un phénomène homogène. Dans l'ensemble, il salue l'ouvrage comme une réalisation excellente.
Dans cet article de journal de 1929, Ludwig Mises donne un bref aperçu de l'œuvre de l'école autrichienne d'économie fondée par Carl Menger, rédigé à l'occasion de l'inauguration du monument à Menger à l'Université de Vienne. Mises retrace le chemin allant des classiques (Hume, Smith, Ricardo), à travers le Methodenstreit contre l'école historique allemande, jusqu'à la solution par Menger de l'antinomie de la valeur grâce à la théorie de l'utilité marginale. Il explique la théorie subjective de la valeur, l'imputation des prix des biens d'ordre supérieur à l'évaluation des consommateurs, et nomme compagnons de lutte et successeurs : Böhm-Bawerk, Wieser, Jevons, Walras, Gossen, Clark. La partie finale interprète les expériences de crise et d'inflation des années de guerre et d'après-guerre comme une confirmation de la théorie méprisée par l'école historique et voit l'œuvre de Menger devenue le fondement de l'économie politique moderne.
Mises présente l'interventionnisme comme un troisième système économique entre le capitalisme et le socialisme et soutient qu'il ne peut exister comme système autonome et durable. Son moyen est l'intervention isolée de l'autorité, un ordre unique qui impose l'emploi des moyens de production contre la situation du marché, sans diriger l'ensemble de la production de manière socialiste. À l'exemple du prix maximal légal, Mises montre comment une telle intervention manque son propre but : le prix inférieur au prix de marché fait disparaître la marchandise du marché et contraint l'autorité à des interventions toujours plus nombreuses, de l'obligation de vendre au rationnement, jusqu'à la fixation de tous les prix et salaires. Il en déduit l'alternative entre capitalisme ou socialisme, sans voie intermédiaire. La conclusion explique pourquoi le libéralisme rejette les interventions non par hostilité envers l'État, mais par la compréhension de leur caractère contraire au but recherché.
Die menschliche Gesellschaft in ihren ethno-soziologischen Grundlagen, Band 2: Werden, Wandel und Gestaltung von Familie, Verwandtschaft und Bünden im Lichte der Völkerforschung
En 1931, Ludwig von Mises analyse les enseignements, pour la politique bancaire, de la crise bancaire de l'époque et désigne l'étroite imbrication des banques allemandes et autrichiennes avec l'industrie comme faiblesse centrale. À la différence des banques anglaises et américaines, qui, en tant que purs banquiers, prêtaient des fonds étrangers, les banques allemandes seraient devenues des groupes industriels, ce qui a fait disparaître l'examen rigoureux de la solvabilité comme régulateur du marché monétaire. Mises réclame comme réforme la plus urgente la dissociation du lien banque-groupe industriel, une plus forte différenciation des taux d'intérêt selon l'échéance, le placement à long terme des dépôts d'épargne afin de réduire le risque de ruée, et davantage de transparence dans les bilans bancaires. La culture du secret des banques s'est révélée particulièrement nuisible ; un contrôle public est indispensable à la sécurité d'un établissement. Le texte se lit comme un commentaire de politique économique sur la crise aiguë de trois grandes banques en faillite à Vienne et à Berlin.
Dans cet article de journal de 1931, Ludwig Mises défend l'étalon-or contre ses adversaires. Sa thèse centrale : l'étalon-or soustrait le pouvoir d'achat de l'unité monétaire à l'emprise des conceptions changeantes en matière de politique monétaire et assure la stabilité des cours du change et des devises. Mises traite l'un après l'autre les objections des adversaires de l'étalon-or : le reproche d'une hausse des prix trop forte (Irving Fisher), le désir d'inflation, le prétendu renchérissement du taux d'intérêt et l'argument de la balance des paiements défavorable. Il ramène chaque objection à la tentative d'abaisser artificiellement le taux d'intérêt par l'expansion du crédit, ce qui, par un essor illusoire, débouche nécessairement sur la crise et l'effondrement de la monnaie. La concentration de l'or aux États-Unis et en France, il l'interprète comme une conséquence de cette politique menée par d'autres pays. Sa conclusion : la politique n'a le choix qu'entre l'étalon-or et l'inflation ; même le pays le plus pauvre peut et doit s'en tenir à l'or, parce que celui-ci seul permet d'attirer des capitaux étrangers.
Mises argumente contre l'interprétation selon laquelle la grave crise économique prouverait l'échec du capitalisme. Ce n'est pas le système capitaliste qui aurait échoué, mais la politique anticapitaliste faite d'interventionnisme, d'étatisme et de socialisme. Il comprend le marché comme régulateur de la production : par les prix des marchandises, des salaires et de l'intérêt, il met l'offre et la demande en accord. Les interventions de l'État, comme les droits de douane, les cartels, les salaires gonflés par les syndicats et les indemnités de chômage, suppriment cette fonction et engendrent un chômage durable, l'invendabilité et la consommation de capital. Le texte réinterprète des notions comme l'invendabilité et le chômage comme des phénomènes de prix. Comme preuve de l'avancée de cette politique, Mises cite Sidney Webb et les socialistes de la chaire. Sa conclusion : seuls plus de travail et une nouvelle formation de capital, c'est-à-dire l'abandon de la politique anticapitaliste qui domine depuis des décennies, font sortir de la crise.
OriginalDeutsch
Die psychologischen Wurzeln des Widerstandes gegen die nationalökonomische Theorie
Die menschliche Gesellschaft in ihren ethno-soziologischen Grundlagen, Band 3: Werden, Wandel und Gestaltung der Wirtschaft im Lichte der Völkerforschung
Dans ce court texte, Ludwig Mises rend compte de l'écrit polémique contre les droits de douane protecteurs britanniques, rédigé en 1931/32 sous la direction de Sir William Beveridge à la London School of Economics, et paru en édition allemande sous le titre « Zölle, Lehrbuch des internationalen Handels » (traduit par Friedrich Thalmann, Verlag Julius Springer). L'occasion en est l'abandon par la Grande-Bretagne de la politique économique libérale et le passage au protectionnisme. Mises expose comment les auteurs examinent et réfutent l'ensemble des arguments des protectionnistes, remontant jusqu'aux causes de la crise économique mondiale. Au centre se trouve la thèse selon laquelle toute intervention dans le mécanisme du marché et des prix perturbe l'ordre économique fondé sur la propriété privée des moyens de production, parce que seules les variations de prix ajustent l'offre et la demande. La rigidité des salaires monétaires et des taux d'intérêt, selon Mises, aurait empêché l'ajustement et débouche, par le protectionnisme et l'inflation, finalement sur l'appel à l'économie planifiée.
L'essai s'oppose à la thèse répandue après la crise économique mondiale selon laquelle le capitalisme aurait échoué et le passage au socialisme serait inéluctable. Mises objecte que ce n'est pas le capitalisme, mais l'interventionnisme et le socialisme d'État et municipal qui ont échoué : la crise serait la conséquence prévisible d'une politique anticapitaliste et antilibérale menée depuis des décennies. L'argumentation se déploie en trois sections, partant de la découverte des lois du marché par la science de la société (Hume, Adam Smith), passant par l'effet des interventions de l'État, jusqu'à la situation de l'entrepreneur dans l'État interventionniste, où les « relations » avec la politique deviennent plus importantes qu'une production avantageuse. Mises démarque la doctrine libérale du marxisme et de l'interventionnisme et conclut que la perturbation du fonctionnement du marché par les interventions sur les prix, les salaires et l'intérêt conduit nécessairement à la crise.
OriginalDeutsch
Rezension: Die Letzten Jahrzehnte einer Grossmacht: Menschen, Völker und Probleme des Habsburger-Reichs von Rudolf Sieghart
Ludwig von Mises soutient que la monnaie n'est pas un cas particulier situé hors de la théorie générale de la valeur et des prix, mais qu'elle s'y intègre entièrement. Le point de départ est la tripartition des biens économiques proposée par Knies, en moyens de production, biens de jouissance et moyens d'échange. Le texte s'oppose à la conception selon laquelle la valeur de la monnaie serait « imaginaire » ou simplement conventionnelle, et fait remonter la théorie subjective de la valeur jusqu'à John Law. En cinq sections, Mises traite du service rendu par la monnaie en tant que créateur de valeur, du rapport entre la masse monétaire et le besoin de monnaie, assorti d'une critique de la notion de vitesse de circulation, des variations de la valeur de la monnaie et de la théorie quantitative de la monnaie, du substitut monétaire (certificat monétaire contre moyens fiduciaires) ainsi que du calcul en monnaie et du faux problème de la « stabilité de la valeur ». Tout au long, il oppose l'analyse individualiste du marché à l'équation des échanges agrégée qu'il critique.
Ludwig von Mises examine si la compréhension théorique des causes des fluctuations conjoncturelles conduira à l'avenir à des oscillations moindres, et répond par la négative au moyen d'un argument relevant de la politique économique, non de la théorie. Le point de départ est ce qu'il qualifie de théorie dominante du crédit de circulation, selon laquelle l'expansion du crédit qui déclenche l'essor est toujours portée par le désir d'argent bon marché. Mises soutient qu'une extension du crédit annoncée comme simplement temporaire doit rester sans effet, car les entrepreneurs ne s'engagent dans de nouvelles affaires que si des taux d'intérêt bas sont attendus durablement. Il attribue la durée de la crise actuelle à la rigidité des salaires et aux soutiens de prix, et avertit de ne pas sous-estimer les leçons de l'ancienne école de la circulation (Currency School). Comme problème non résolu, il désigne les effets de la baisse des prix et la question de savoir si le progrès et la formation de capital ne sont possibles que par la voie inflationniste.
OriginalDeutsch
Einzelinteressen oder Gemeinwohl als Ziel der Wirtschaftspolitik
Mises esquisse la naissance et la portée de l'école autrichienne d'économie et la replace dans le contexte des relations de politique économique entre l'Autriche et la Hongrie. Le point de départ est l'économie politique classique de Hume, Smith et Ricardo, qui ne put résoudre le problème de la formation des prix parce que le paradoxe de la valeur entre les biens utiles et les biens chers lui résistait. Carl Menger aurait surmonté cette antinomie au moyen de l'utilité marginale : ce n'est pas la catégorie de biens qui est évaluée, mais la quantité partielle concrète selon le dernier besoin satisfait. À partir des évaluations subjectives des consommateurs, la théorie de l'imputation déduit les prix des moyens de production, les salaires, l'intérêt et le profit de l'entrepreneur. Mises retrace l'influence de la doctrine par Böhm-Bawerk, Wieser ainsi que par Jevons, Walras et Clark. Son motif est pratique : les hommes qui ont mené les négociations de politique économique de l'Autriche et de la Hongrie seraient issus de l'école de Menger, de sorte que les deux pays s'appuient sur les mêmes fondements théoriques.
L'écrit est la préface rédigée par Ludwig von Mises pour l'édition anglaise de sa Theorie des Geldes und der Umlaufsmittel (Londres, Jonathan Cape, traduite avec le concours de Lionel Robbins). Mises interprète la politique monétaire et bancaire du début des années 1930 comme la prolongation des mêmes problèmes fondamentaux qui avaient déjà déterminé le retour de la Grande-Bretagne à l'ancienne parité-or de la livre et la prosperity américaine des années 1926 à 1929. Il soutient que la crise économique n'est pas imputable à la monnaie-or, mais à l'expansion du crédit qui l'a précédée ainsi qu'à la tentative politique de stabiliser les salaires et les prix en abaissant la teneur en or de l'unité monétaire. Contre l'idée d'une manipulation du pouvoir d'achat fondée sur un indice, il objecte que toute méthode de calcul favorise certains intérêts et que la fixation de la valeur de la monnaie devient ainsi le jouet de la politique. Le contrôle des changes et les interdictions de paiement décrétées unilatéralement auraient presque entièrement paralysé les échanges de crédit internationaux.
Les écrits mineurs de Carl Menger sur la méthode et l'histoire de l'économie politique (Collected Works, tome III, réimpression LSE 1935) rassemblent dix travaux parus entre 1884 et 1915. Le cœur en est formé par les interventions de Menger dans le Methodenstreit contre Gustav Schmoller, surtout l'écrit polémique rédigé en seize lettres, « Die Irrthümer des Historismus in der deutschen Nationalökonomie » (Les erreurs de l'historicisme dans l'économie politique allemande), où il défend la séparation entre recherche théorique, pratique et historique et rejette l'historicisme comme une partialité. Une recension détaillée du « Handbuch der politischen Oekonomie » (Manuel d'économie politique) de Schönberg ainsi que les études « Zur Theorie des Kapitals » (Sur la théorie du capital) et « Grundzüge einer Klassifikation der Wirtschaftswissenschaften » (Principes d'une classification des sciences économiques) développent la notion mengérienne d'une économie politique exacte, sa conception réelle du capital et sa systématique des sciences économiques. Le volume se clôt sur cinq essais biographiques consacrés à Friedrich List, Lorenz von Stein, Wilhelm Roscher, John Stuart Mill et Eugen von Böhm-Bawerk.
Die menschliche Gesellschaft in ihren ethno-soziologischen Grundlagen, Band 4: Werden, Wandel und Gestaltung von Staat und Kultur im Lichte der Völkerforschung
Le volume rassemble les écrits de Carl Menger sur la théorie monétaire et la réforme monétaire austro-hongroise ; il constitue le quatrième tome des Œuvres complètes établies par la London School of Economics en 1936. Le noyau théorique en est l'article « Geld » (Monnaie), tiré du Handwörterbuch der Staatswissenschaften (1909), qui explique l'origine des moyens d'échange communément acceptés à partir de l'inégale aptitude des biens à être écoulés sur le marché et définit la monnaie comme une marchandise dont la particularité réside dans sa fonction d'intermédiaire des échanges. Les autres travaux traitent de la réforme monétaire de 1892 : le pouvoir d'achat du florin d'argent, la question de la parité lors du passage à l'étalon-or, le risque d'un agio sur l'or ainsi que les déclarations de Menger devant la commission d'enquête monétaire. Menger plaide contre une couronne-or trop lourde et en faveur d'un « florin juste » sans transfert de patrimoine. Un répertoire complet des écrits de Menger clôt le volume.
Cette étude examine pourquoi l'émission de billets est devenue une exception aux principes du laissez-faire et pourquoi la banque centrale a été préférée à la banque libre, fondée sur la concurrence dans l'émission des billets. À l'origine une thèse de doctorat de 1935 rédigée sous la direction de Friedrich Hayek à la London School of Economics, le livre retrace d'abord l'histoire bancaire de l'Angleterre, de l'Écosse, de la France, des États-Unis et de l'Allemagne, montrant comment les monopoles d'émission sont nés en grande partie de motifs politiques et des besoins des finances publiques. Il passe ensuite en revue les débats théoriques du dix-neuvième siècle dans chaque pays, regroupant les auteurs selon leur position à l'égard des écoles de la circulation et de la banque (currency school et banking school) et de l'opposition entre banque centrale et banque libre. Un chapitre de conclusion reconsidère les principaux arguments en faveur de la banque centrale, parmi lesquels les faillites bancaires, l'instabilité cyclique, le prêteur en dernier ressort, une politique monétaire rationnelle et la coopération internationale. Une annexe détaille le mécanisme de compensation à l'aide d'exemples chiffrés.
Ludwig von Mises rend compte du quatrième et dernier tome de l'édition complète des écrits de Carl Menger, réalisée par la London School of Economics et publiée sous la direction de F. A. von Hayek, qui réunit ses travaux de théorie monétaire et de politique monétaire. Sont mentionnés la théorie monétaire de synthèse de Menger de 1909 pour le Handwörterbuch der Staatswissenschaften, ses articles sur la régulation de la monnaie autrichienne et ses déclarations lors de l'enquête monétaire de 1892, complétés par un répertoire des écrits de Menger. Mises souligne que rien, dans ce volume de plus de 300 pages, n'est dépassé sur le fond, et cite comme exemple d'actualité le débat de 1892 sur la régulation de la monnaie, dans lequel Menger comptait parmi les partisans d'une stabilisation de la valeur du florin du moment. La conclusion est formée d'une longue citation des arguments de Menger contre une dévaluation, où il rejette le « petit florin » comme une exploitation du petit peuple et réclame un florin juste, ne favorisant ni créancier ni débiteur.
OriginalDeutsch
Memorandum on Exchange Stabilization and the Problem of Internal Planning
Dans cet essai, Ludwig von Mises soutient que le libéralisme économique et le libéralisme politique proviennent d'une même racine et ne peuvent subsister qu'ensemble. Il interprète l'économie de marché fondée sur la propriété privée comme un ordre démocratique : la propriété serait le résultat d'un plébiscite des consommateurs renouvelé chaque jour, dans lequel chaque sou représente un bulletin de vote. À cela correspondrait, dans la constitution de l'État, la démocratie politique. Le paradoxe du présent tient à ce que la démocratie créée par le libéralisme s'est prononcée contre la liberté économique et que, par l'interventionnisme, l'étatisme et le socialisme, elle sape à la fois la démocratie politique et les libertés civiles, en direction de la dictature. Dans la seconde partie, Mises commente le livre de William E. Rappard L'individu et l'État dans l'évolution constitutionnelle de la Suisse, qui retrace cette évolution à l'exemple de la Suisse, de 1848 et 1874 jusqu'à la crise étatiste du présent.
"Prosperity and Depression" de Gottfried Haberler est née comme première étape d'une enquête commandée par la Société des Nations sur les causes des crises économiques récurrentes. L'ouvrage poursuit deux objectifs : la partie I classe et examine systématiquement les théories de la conjoncture existantes (théorie purement monétaire, théories monétaires et non monétaires du surinvestissement, le principe d'accélération, les théories des coûts et du surendettement, les théories de la sous-consommation, psychologiques et des récoltes, ainsi que les discussions plus récentes autour de Keynes) ; la partie II en développe un exposé synthétique de la nature et des causes du cycle conjoncturel. Haberler ordonne les théories selon l'essor, le point de retournement supérieur, le repli et le point de retournement inférieur, et dégage le jeu des forces endogènes et exogènes. La troisième édition présentée ici ajoute une partie III qui traite du multiplicateur, du principe d'accélération, de l'effet Ricardo de Hayek ainsi que de la rigidité des prix et des salaires. L'idée directrice est que de nombreuses oppositions théoriques apparentes tiennent à des différences de terminologie.
Super-National Organization Held No Way to Peace: Radical Change in Political Mentalities and Social and Economic Ideologies Viewed as Necessary in Order to Eradicate Economic Nationalism
Dans cet ouvrage paru en 1944 chez Yale University Press, Ludwig von Mises analyse l'essor et la nature du national-socialisme allemand et l'inscrit dans une critique plus large de l'étatisme. Sa thèse centrale : le nazisme n'est pas une voie particulière de la mentalité allemande, mais l'application radicale de l'interventionnisme et du socialisme à la situation d'une nation densément peuplée qui ne peut subsister sans importations et veut donc conquérir un espace vital. Mises retrace le déclin du libéralisme allemand, le triomphe du militarisme et la transformation du pangermanisme en nazisme, et traite l'étatisme, le nationalisme, le protectionnisme, l'autarcie et l'antisémitisme comme des phénomènes liés entre eux. Il soutient qu'une paix durable n'est possible que dans une économie de marché libre, où n'existent pas de causes économiques de guerre, et critique les projets contemporains de planification mondiale, de fédération et de Société des Nations comme inopérants tant que les nations s'en tiennent à l'étatisme.
OriginalEnglish
Autres éditions
Im Namen des Staates: oder Die Gefahren des Kollektivismus1978
Dans « Bureaucracy » (1944), Ludwig von Mises examine la diffusion de l'administration bureaucratique comme symptôme du passage de l'économie de marché à la direction étatique. Sa thèse directrice : la bureaucratie n'est pas mauvaise en soi, mais la méthode nécessaire partout où le succès ne peut se calculer en argent. Mises oppose deux principes d'organisation : la gestion orientée vers le profit de l'entrepreneur, dirigée par le calcul économique et la souveraineté du consommateur, et la gestion bureaucratique des administrations publiques, liée à des règlements. De cette opposition il déduit que les entreprises privées ne se figent dans la bureaucratie que sous l'effet des interventions étatiques, et que la planification socialiste reste irréalisable sur le plan du calcul faute de prix de marché. Les chapitres ultérieurs traitent des conséquences psychologiques et politiques, par exemple le mouvement de jeunesse allemand, la sélection du dictateur et le déclin de l'esprit critique. Les exemples proviennent surtout de l'Allemagne, de la France, de la Russie et des États-Unis de l'ère du New Deal.
OriginalEnglish
Autres éditions
Die Bürokratie
OriginalDeutsch
Theory of Games and Economic Behavior [with John von Neumann]
Dans cet essai, repris dans le recueil Money, Method, and the Market Process, Ludwig von Mises examine le mouvement coopératif et conteste sa prétention à être une manière distincte et supérieure d'organiser la vie économique. Il soutient que le programme initial ambitieux, à savoir les coopératives de producteurs d'Owen, King et Lassalle qui devaient abolir le salariat, a totalement échoué, ne laissant subsister que les coopératives de consommation et les coopératives agricoles d'achat et de vente. Mises affirme que l'économie de marché capitaliste est elle-même une coopération sociale dans le cadre de la division du travail, et que c'est l'entreprise privée en quête de profit, non les coopératives, qui fait progresser l'économie. Il soutient que les coopératives vendent au-dessus du coût, réalisent un profit comme toute entreprise, et survivent principalement grâce à des exonérations fiscales, à du crédit bon marché et à d'autres privilèges accordés par l'État, plutôt que par une efficacité supérieure. Les sections finales traitent des ambitions politiques et monopolistiques du mouvement et concluent que les coopératives ne peuvent se justifier que sans de tels privilèges.
L'action humaine est l'exposé d'ensemble par Ludwig von Mises de l'économie comme partie d'une science générale de l'action qu'il nomme praxéologie. Le point de départ est que l'action humaine est un comportement orienté vers une fin : l'homme qui agit échange un état moins satisfaisant contre un état plus satisfaisant. À partir de cette catégorie de l'action, Mises déduit purement les propositions, de la valeur, de la préférence et de l'utilité marginale jusqu'à la théorie du cycle économique, en passant par la monnaie, l'intérêt, le capital et le profit de l'entrepreneur. L'ouvrage est divisé en sept parties et déploie la catallactique, la théorie de la société de marché, par contraste avec le socialisme et l'interventionnisme, dont il analyse les conséquences. L'argument central contre l'économie planifiée socialiste est l'impossibilité d'un calcul économique rationnel sans prix de marché. Sur le plan de la méthode, Mises sépare nettement la praxéologie apriorique de l'historicisme, du positivisme et du polylogisme.
OriginalEnglish
Autres éditions
Nationalökonomie: Theorie des Handelns und Wirtschaftens1940
OriginalDeutsch
Menschliches Handeln: Eine Grundlegung ökonomischer Theorie2010
Dans cet essai, Ludwig von Mises définit le profit et la perte comme le résultat de la prévoyance entrepreneuriale dans le processus de marché : le profit naît là où un entrepreneur estime les prix futurs plus justement que les autres et acquiert des facteurs de production en dessous de leur valeur ultérieure, la perte naît du jugement erroné inverse. La partie A développe la nature économique du profit et de la perte, leur fonction sociale d'instrument de pilotage par les consommateurs et leur calcul. La partie B réfute la condamnation du profit : l'argument de l'égalité, la thèse de la pauvreté, la condamnation morale de la recherche du profit et le mode de pensée statique des économistes mathématiciens. La partie C présente l'alternative comme un choix entre capitalisme et socialisme, puisqu'un troisième système sans profit ni perte de l'entrepreneur ne serait pas possible. Le texte se réfère à Marx, Engels et Lénine comme positions adverses et s'attache à la logicienne L. Susan Stebbing.
OriginalEnglish
Des Menschengeistes Erwachen, Wachsen und Irren: Versuch e. Paläopsychologie von Naturvölkern mit Einschluss d. archaischen Stufe u.d. allgemein menschl. Züge
Le recueil d'essais édité par Bettina Bien Greaves rassemble dix-sept discours et articles de Ludwig von Mises des années 1945 à 1965, ordonnés en quatre parties : marché libre contre planification étatique, monnaie et inflation, Mises comme critique de l'inflationnisme et du socialisme, et idées. La thèse directrice est qu'il n'existe pas de troisième ordre entre l'économie de marché et le socialisme : l'interventionnisme (contrôle des prix, salaires minimaux, expansion du crédit, imposition progressive) manque les objectifs visés et conduit peu à peu à l'économie planifiée du modèle allemand de la « Zwangswirtschaft » (économie dirigée). Mises attribue la hausse des salaires réels et la prospérité à la seule accumulation de capital par tête et critique Keynes, la loi de Say et l'interprétation erronée de l'inflation comme simple hausse des prix. La contribution la plus longue, « Profit and Loss », interprète le profit de l'entrepreneur comme le résultat d'une anticipation correcte des situations futures du marché et comme un mécanisme de pilotage au bénéfice des consommateurs.
Le texte est une lettre de Ludwig von Mises sur le problème des cartels et des monopoles, reproduite en 1955 dans les Monatsblätter de Volkmar Muthesius et précédée d'une note rédactionnelle de l'éditeur. Mises consent à la reproduction de ses développements tirés de son livre sur le libéralisme de 1927, mais renvoie, pour le traitement complet, à son ouvrage Human Action. Sa thèse centrale : sans interventions étatiques, il n'y aurait pas de problème de monopole notable, car la politique combat rhétoriquement les cartels tout en créant elle-même leurs conditions par des droits de douane protecteurs, des restrictions de change et des accords internationaux. À l'appui, il cite la pratique antitrust américaine contre les grandes entreprises et une enquête contre une chaîne de magasins d'alimentation. Il exige que les adversaires sincères du monopole commencent par supprimer toutes les mesures d'économie dirigée.
OriginalDeutsch
Explodes Unification Fallacy (Review: How Can Europe Survive?, Hans F. Sennholz)
« Capital and Its Structure » (1956) de Ludwig M. Lachmann développe une théorie morphologique du capital qui rompt avec l'hypothèse selon laquelle le capital serait une grandeur homogène et mesurable en monnaie. Le point de départ de Lachmann est l'hétérogénéité des biens de capital : parce que chaque bien n'a qu'un usage limité (multiple specificity) et que les biens doivent être combinés de manière complémentaire, les plans de production des entrepreneurs forment des combinaisons de capital dont l'ensemble constitue la structure du capital d'une société. Dans un monde de changement imprévu, ces combinaisons sont sans cesse défaites et reformées (capital regrouping). Sur le plan méthodologique, le livre s'appuie sur l'analyse de processus plutôt que sur l'analyse d'équilibre, et sur une théorie subjectiviste des anticipations. Dans les chapitres d'application, Lachmann réinterprète la « production détournée » de Böhm-Bawerk comme un théorème sur le progrès économique, examine la structure des actifs (structure de plan, de contrôle et de portefeuille) et éprouve la théorie du cycle économique, en reliant l'approche de Hicks à la théorie autrichienne des fluctuations industrielles. Le livre est paru dans la collection « Studies in Economic Theory ».
Dans cet essai de 1956, Ludwig von Mises examine pourquoi le capitalisme, malgré ses succès matériels, est passionnément rejeté par beaucoup, et notamment par les intellectuels. Mises ramène ce rejet, sur le plan psychologique, au ressentiment : dans une société d'égalité devant la loi, le succès est attribué au mérite personnel, de sorte que l'échec est vécu comme une blessure personnelle et projeté sur un bouc émissaire, le système de marché. Il déploie son argument à travers des groupes concrets (les ambitions frustrées, les intellectuels, les employés, les héritiers oisifs ou « cousins », Broadway et Hollywood), puis examine la philosophie sociale de l'homme ordinaire, la place de la littérature sous le capitalisme ainsi que les objections non économiques (le bonheur, le matérialisme, la justice, la liberté). Mises se démarque vivement de Marx, des socialistes et d'un anticommunisme qu'il tient pour factice, et leur oppose l'ordre de l'économie de marché comme seul fondement de la prospérité et de la liberté.
Theory and History (1957) est le principal ouvrage méthodologique de Ludwig von Mises, présenté ici par une préface de 1985 due à Murray N. Rothbard. Sa thèse centrale est le dualisme méthodologique : parce que les êtres humains agissent de manière intentionnelle et sont guidés par des idées, les sciences de l'action humaine ne peuvent être calquées sur les sciences naturelles expérimentales. À partir de cette prémisse, Mises distingue la praxéologie, théorie a priori de l'action dont la branche la plus développée est l'économie, de l'histoire et de la thymologie, qui relèvent de la compréhension des évaluations individuelles. Le livre se déroule en quatre parties : les jugements de valeur, le déterminisme et le matérialisme (avec une longue critique du matérialisme dialectique marxien), les problèmes épistémologiques de l'histoire et les interprétations philosophiques du cours de l'histoire. Tout au long, Mises argumente contre le positivisme, le behaviorisme, l'historicisme et le scientisme, et défend l'autonomie des sciences de l'action humaine face aux tentatives de les réduire aux méthodes de la physique.
OriginalEnglish
Autres éditions
Theorie und Geschichte: Eine Interpretation sozialer und wirtschaftlicher Entwicklung
Essai programmatique de Ludwig von Mises sur l'interventionnisme en tant que programme de politique économique entre capitalisme et socialisme. Mises conteste que l'interventionnisme constitue une troisième solution durable : les interventions de l'État dans les prix, les salaires, l'intérêt et le crédit engendreraient des problèmes consécutifs qui imposeraient de nouvelles interventions, jusqu'à aboutir au socialisme complet. L'argumentation se déploie autour de l'économie de marché comme souveraineté du consommateur, de la théorie monétaire du cycle économique (l'expansion du crédit conduit inéluctablement à la crise) et du rôle de la propriété privée dans l'épanouissement économique et culturel de l'Occident. Mises s'appuie sur l'ajout d'Engels au Manifeste communiste, selon lequel les mesures interventionnistes rendent nécessaires de nouvelles atteintes à l'ancien ordre social, et distingue le libéralisme classique de l'usage américain du mot. L'ensemble se clôt sur une série de citations en exergue consacrées à l'État et à la loi.
Implications of the European Common Market and Free Trade Area Project for United States Foreign Economic Policy, in Compendium of Papers on United States Foreign Trade Policy
An Economic Review of the Patent System (1958) est l'étude n° 15 rédigée par Fritz Machlup pour le sous-comité du Sénat américain consacré aux brevets. Elle rassemble plus d'un siècle de contributions économiques sur le système des brevets et les ordonne de manière systématique plutôt que chronologique. Une partie historique retrace la diffusion des brevets, le mouvement anti-brevets (1850-1873) et la victoire ultérieure des partisans du brevet ; une partie institutionnelle traite des conditions de protection, de l'abus du monopole conféré par le brevet, des licences obligatoires et des relations internationales en matière de brevets. La plus grande place revient à la théorie économique : Machlup examine les quatre justifications classiques (droit naturel, récompense par le monopole, incitation par le profit de monopole, échange contre divulgation) et travaille avec les notions de coûts et de valeurs privés et sociaux. Sa conclusion est volontairement ouverte : en l'état des connaissances de l'époque, on ne peut justifier de manière univoque ni l'instauration ni l'abolition du système des brevets ; seuls les jugements portant sur des réformes graduelles seraient plus fiables.
L'article de dictionnaire « Markt » de Ludwig von Mises définit le marché comme le processus par lequel, dans l'économie de la division du travail, la production est orientée vers les besoins les plus urgents des consommateurs. La thèse directrice est la souveraineté des consommateurs : le profit et la perte dirigent la disposition des moyens de production entre les mains de ceux qui les utilisent le plus efficacement au service des consommateurs. En six sections, Mises traite le processus de marché, le monopole et la concurrence, la spéculation comme trait fondamental de toute activité économique, l'unité de tous les marchés partiels (bourse des valeurs, marché du travail), le profit et la perte comme phénomène d'ajustement par rapport à l'équilibre stationnaire, ainsi que l'inégalité des revenus et des fortunes comme résultat du comportement des consommateurs. Il se démarque des positions interventionnistes et socialistes et discute la politique de plein emploi de Keynes et les revendications du « Manifeste communiste ». La conclusion est formée d'une bibliographie.
Mises reconstitue les causes intellectuelles de l'hyperinflation allemande de 1923. Sa thèse : la catastrophe ne fut pas la conséquence de circonstances malheureuses, mais l'application pratique de doctrines de politique monétaire telles que Lexis, Knapp et Bendixen les avaient formulées sous l'Empire. Le cœur en est un retour autobiographique sur ses débats avec les représentants de l'école historique et du Verein für Sozialpolitik dans les années d'avant-guerre. Mises restitue leurs objections contre la théorie de l'intérêt de Böhm-Bawerk et contre sa propre doctrine de la monnaie : le rejet de la théorie quantitative, la méfiance envers l'étalon-or, l'idéal de la préparation financière à la guerre. Il décrit comment ces positions écartaient comme ridicule toute explication monétaire de la dépréciation du mark. Le cadre de référence est fourni par les adversaires nommés dans le texte, Schmoller, Wagner et Brentano, ainsi que par le combat de Max Weber pour la neutralité axiologique de l'économie politique.
Ludwig von Mises définit le libéralisme économique comme l'économie de marché fondée sur la propriété privée des moyens de production, dans laquelle ce sont les consommateurs acheteurs qui décident de la quantité et de la nature des biens. Le texte fonde le libéralisme sur la science économique : la division du travail dissout la lutte biologique de tous contre tous en une concurrence sociale et crée une harmonie des intérêts bien compris. En six sections, Mises traite du rapport entre libéralisme et science, de l'ascension et du déclin du mouvement libéral depuis l'Angleterre et l'Écosse, de la question des intérêts particuliers, de la primauté de la consommation accompagnée d'une critique de la fixation des prix par l'autorité, du libre-échange et des tentatives manquées de renouveau. Contre le socialisme et l'interventionnisme, il soutient que leurs interventions sont contraires à leur but et conduisent par étapes à l'économie pleinement planifiée. Il associe le véritable néolibéralisme à des économistes comme Cannan, Einaudi, Hayek et Röpke.
OriginalDeutsch
Professor Shackle on the Economic Significance of Time
Essai de Hans F. Sennholz, traduction de son livre « Money and Freedom » (1985), qui soutient que le monopole étatique de la monnaie, joint aux lois sur le cours forcé, est la cause ultime de l'inflation et de la désintégration économique. La première partie examine le Système de la Réserve fédérale des États-Unis, sa dépendance à l'égard du pouvoir politique et son rôle de banque centrale du monde. La deuxième partie critique les solutions qu'il juge fausses : la gestion keynésienne de la demande, la règle monétaire des monétaristes autour de Milton Friedman, les propositions des « supply-siders » (Mundell, Laffer, Wanniski, Kemp) et les doctrines du crédit social. La troisième partie défend l'étalon-or et propose, comme but final, la liberté monétaire : un étalon parallèle, la banque libre et l'abolition du monopole de la monnaie et du cours forcé.
Dans cet essai, Ludwig von Mises argumente contre la doctrine de l'égalité innée de tous les hommes et la sépare nettement du principe de droit naturel de l'égalité devant la loi. Les hommes seraient dotés dès la naissance de talents différents ; ce qui importe, c'est la manière dont une société traite cette inégalité. Dans l'économie de marché, telle est la thèse centrale, les plus capables ne peuvent exploiter leur supériorité qu'en servant les consommateurs, alors que les ordres précapitalistes et socialistes soumettent les masses à quelques-uns. Mises s'oppose au mépris de l'homme ordinaire dans la critique de la publicité et de la consommation, au nivellement de l'enseignement et au mysticisme du gouvernement de la majorité. S'appuyant sur Marx, Trotski et David Hume, il défend le gouvernement représentatif non comme l'expression d'une égalité naturelle, mais comme un moyen pacifique de changement du pouvoir. Le passage de l'écart du socialisme, il le désigne comme la tâche de la génération montante.
Ludwig von Mises soutient que le progrès économique découle uniquement d'une dotation en capital plus abondante par tête, et critique la « théorie de la croissance » récente. Celle-ci emprunterait à la biologie la notion de croissance et présenterait l'amélioration économique comme un processus mystérieux, soustrait à l'action humaine. Mises lit la théorie de la croissance comme une nouvelle phase du combat contre l'épargne et la formation de capital, dans la tradition de Tougan-Baranovsky, Lederer, Foster et Catchings ainsi que de Keynes, et comme un moyen de masquer l'échec de la politique économique soviétique au moyen de taux de croissance douteux. Il renvoie à l'accroissement de la population, aux produits nationaux mesurés en monnaie et au rôle de l'investissement de capitaux étrangers dans la diffusion de la civilisation occidentale. L'essai se conclut sur la thèse que seul un accroissement continu des biens de capital disponibles permet d'atteindre les buts de la politique économique.
Amerika und die europäische Integration: Einige grundsätzliche Bemerkungen, in Aussenwirtschafts: Zeitschrift für Internationale Wirtschaftsbeziehungen
Dans cette œuvre tardive (1962), Ludwig von Mises expose les fondements épistémologiques des sciences de l'action humaine et s'oppose au positivisme logique. Thèse centrale : il existe un dualisme infranchissable entre les sciences naturelles, qui étudient la causalité et la régularité, et les sciences de l'action, dont la catégorie fondamentale est la finalité, c'est-à-dire l'action orientée vers des fins. Mises déploie la catégorie de l'action comme base a priori de la praxéologie et de l'histoire, et la distingue des mathématiques, de la géométrie et de la physique. Il critique le matérialisme, le matérialisme dialectique d'inspiration marxienne, le behaviorisme, l'interprétation de la statistique comme loi ainsi que l'approche macroéconomique et collectiviste. Les derniers chapitres interprètent le positivisme comme la racine intellectuelle du totalitarisme et de la crise de la civilisation occidentale. L'argumentation procède partout de manière déductive à partir de la catégorie de l'action ; selon sa préface, l'ouvrage se conçoit comme un complément à « Human Action » et à « Theory and History » de Mises.
OriginalEnglish
Autres éditions
Die Letztbegründung der Ökonomik: Ein methodologischer Essay
Man, Economy, and State est le traité systématique de théorie économique de Murray N. Rothbard, présenté ici dans la Scholar's Edition qui intègre également le volume compagnon Power and Market. À partir de l'axiome de l'action et de deux postulats subsidiaires, Rothbard déduit pas à pas tout le corpus de l'économie, en allant de l'économie de Robinson Crusoé et du troc à l'échange indirect, à la formation des prix des biens de consommation, à une théorie intégrée de la production, du capital et de l'intérêt, à la formation du prix des facteurs et à l'entrepreneuriat. Il avance une théorie pure de l'intérêt fondée sur la préférence temporelle, synthétisée avec la théorie de la rente de Frank Fetter, rejette la théorie dominante de l'entreprise à court terme, et soutient que le prix de monopole ne peut naître que d'un privilège concédé par l'État. Les derniers chapitres appliquent l'analyse praxéologique à l'intervention coercitive : contrôle des prix, fiscalité, inflation, cycles économiques et dépenses publiques. Le livre comprend une introduction savante, la préface de Rothbard, un vaste appareil de notes et une bibliographie complète.
L'étude de Fritz Machlup de 1962 mesure pour la première fois de manière systématique l'ampleur économique de la production de connaissance aux États-Unis. Machlup entend le « savoir » de façon très large (tout ce que quelqu'un sait) et la « production de savoir » comme toute activité par laquelle quelqu'un apprend quelque chose qui lui était auparavant inconnu, de sorte que créer, transmettre et distribuer se confondent. Après une clarification conceptuelle (chapitres I-III), il estime les dépenses de cinq grandes industries du savoir : l'éducation, la recherche et le développement, les médias de communication (imprimerie, cinéma, radiodiffusion, téléphone, poste), les machines d'information et les services d'information. En s'appuyant sur 84 tableaux statistiques, il établit pour 1958 des dépenses de connaissance représentant environ 29 pour cent du produit national brut ajusté et montre que cette part a fortement augmenté depuis 1900. Le chapitre final suit en parallèle l'évolution de la structure des professions vers le travail producteur de savoir. Sur le plan méthodologique, l'ouvrage combine la comptabilité nationale avec une classification des types de savoir et se conclut sur une proposition de réforme scolaire.
« Market Theory and the Price System » d'Israel M. Kirzner est un manuel de théorie des prix de niveau intermédiaire, paru en 1963 et destiné à l'enseignement universitaire. Son idée directrice est de comprendre le marché comme un processus d'adaptation : les participants au marché ajustent continuellement leurs plans aux actions des autres, et les états d'équilibre n'apparaissent pas comme une fin en soi, mais comme des cas limites dans lesquels le processus de marché parvient au repos. S'appuyant sur la théorie de la consommation et de l'utilité, le livre développe en treize chapitres la théorie de la demande, de la production, des coûts et de l'offre, la détermination des prix des produits et des facteurs, le processus de marché général, ainsi que le monopole, la concurrence et l'allocation des ressources par le système de prix ; une annexe traite de la planification sur plusieurs périodes. L'exposé repose sur une attention délibérément réduite accordée à la concurrence parfaite. Kirzner reconnaît dans la préface sa dette envers Mises, Böhm-Bawerk, Menger et Wicksteed et dédie l'ouvrage à Ludwig von Mises.
Dans cette courte monographie, parue pour la première fois en 1963 et présentée ici dans la sixième édition du Mises Institute (2024), Murray N. Rothbard explique l'origine et la fonction de la monnaie, ainsi que les conséquences du contrôle exercé par l'État sur elle. La première partie dérive la monnaie du marché libre : comme la marchandise la plus vendable, sélectionnée par l'échange indirect, négociée au poids, avec frappe privée et entreposage à réserve intégrale. Rothbard soutient que toute quantité de monnaie suffit et que l'inflation, définie comme l'émission de substituts monétaires non couverts par le stock métallique, ne fait que redistribuer la richesse. La deuxième partie retrace comment l'État s'empare de la Monnaie, altère la pièce, exploite la loi de Gresham, crée des banques centrales et finit par abandonner l'étalon-or. Une troisième partie, ajoutée pour l'édition de 1974, raconte l'effondrement monétaire de l'Occident en neuf phases, de l'étalon-or classique aux monnaies fiduciaires flottantes après 1973. Des préfaces de Patrick Newman et de Joerg Guido Huelsmann et une postface de Joseph T. Salerno encadrent le texte.
Ludwig von Mises dresse le portrait de l'industriel, agriculteur et responsable de politique agricole autrichien Siegfried von Strakosch (1867-1933), copropriétaire de la sucrerie de Hohenau. Cet essai biographique relie le parcours de Strakosch, de son entrée dans l'industrie du drap à son influence en politique économique, en passant par des études en sciences naturelles à Vienne, à une présentation de sa pensée en matière de politique agricole. Au centre se trouve la position de Strakosch sur le droit de douane protecteur agricole : il ne le concevait pas comme une institution permanente, mais comme un droit de transition et d'éducation, et voyait dans toute mesure de protection supplémentaire en faveur de l'agriculture un pas vers le socialisme. Mises rend compte des livres de Strakosch, parmi lesquels Amerikanische Landwirtschaft (L'agriculture américaine), Das Agrarproblem im Neuen Europa (Le problème agraire dans la nouvelle Europe) et Der Selbstmord eines Volkes (Le suicide d'un peuple, 1922), et le présente comme un représentant de la grande bourgeoisie viennoise de l'époque de François-Joseph. Une note bibliographique finale renvoie à l'édition privée de sa veuve, Wally von Strakosch.
Ludwig von Mises soutient que la propriété privée des moyens de production, dans l'économie de marché, ne résulte pas de la violence et de l'appropriation, mais du service rendu au consommateur. Il oppose l'ordre économique seigneurial, dans lequel les seigneurs terriens ne dépendaient d'aucun marché, à l'économie de marché, dans laquelle les consommateurs décident, par un plébiscite permanent, qui dispose des moyens de production. La propriété apparaît ainsi comme une fonction sociale qui doit être conquise à nouveau chaque jour. Mises en déduit les racines des libertés et des droits civiques modernes : sans économie de marché, les garanties légales de la liberté de la presse ou de réunion seraient sans valeur. Dans la dernière section, il s'oppose à la thèse selon laquelle la publicité rendrait le consommateur sans défense, en renvoyant à « The Hidden Persuaders » de Vance Packard. Le texte annonce un essai à suivre sur les monopoles.
Ludwig von Mises soutient que l'avenir du dollar est indissolublement lié à l'avenir de la forme d'État démocratique et républicaine. Sa thèse : l'État-providence ne peut être financé par les seuls impôts et dépend donc d'une inflation continue. À l'exemple du système électoral américain, Mises montre comment les candidats promettent aux électeurs des prestations sans coût visible (something for nothing) et comment le déficit budgétaire devient un état permanent. Il étaye la politique monétaire de citations de Keynes, de Beardsley Ruml et de A. B. Lerner, et interprète l'inflation comme une fraude délibérée que seule une monnaie de pièces d'or en circulation (l'étalon-or selon Bamberger) révélerait rapidement par la loi de Gresham. Le texte prend clairement position contre le financement par le déficit et contre la politique d'économie dirigée qui se donne pour libérale et progressiste, et conclut que la démocratie et le parlementarisme ne peuvent durablement subsister sans étalon-or.
As Assessment of the Current Relevance of the Theory of Comparative Advantage to Agricultural Production and Trade, in International Journal of Agrarian Affairs
Recueil d'études de Jacques Rueff (Payot, 1966) consacré au problème des balances des paiements. La thèse centrale est que, hors inflation ou gold-exchange-standard, la balance des paiements d'un pays tend automatiquement vers l'équilibre par le jeu des prix, des changes et du taux d'escompte, et non par l'action des gouvernements. Rueff oppose cette analyse à la théorie de Keynes, selon laquelle existerait un « niveau naturel » des exportations difficile à modifier. La première partie rassemble des faits historiques (balances commerciales française et allemande de 1870 à 1931, réparations, déficit américain des années 1960, rareté du dollar) présentés comme preuves d'un mécanisme régulateur. La deuxième partie ébauche une théorie monétaire fondée sur la différence entre encaisses effectives et encaisses désirées, le rôle du crédit et de l'escompte. L'auteur conclut que seule une régulation monétaire efficace, et non la planification, peut rétablir l'équilibre des règlements internationaux.
OriginalFrançais
Survey and Appraisal of Proposed Schemes of Compensatory Financing
Ludwig von Mises soutient que la prétendue tendance irrésistible du capitalisme à la formation de monopoles repose sur une interprétation erronée. Sur un marché libre, exempt d'interventions étatiques, un prix de monopole s'écartant du prix de concurrence n'apparaît que dans de rares cas exceptionnels (Mises cite le diamant et le mercure). En réalité, selon sa thèse, ce sont les gouvernements qui créent les monopoles : par des droits de douane qui rendent possibles des cartels nationaux, par une législation directe sur les prix de monopole et par des accords interétatiques sur les matières premières. Comme preuves, il invoque la législation agricole américaine, la politique antitrust contradictoire des États-Unis et l'accord international sur le café, dont il interprète le système de quotas comme un cartel mondial imposé par l'État. L'article se termine par la mise en regard de la démocratie politique de majorité et de la souveraineté du consommateur sur le marché.
Ludwig von Mises soutient que, dans l'économie de marché libre, le consommateur est souverain : la concurrence contraint chaque production à se placer là où elle satisfait les désirs les plus pressants des consommateurs. Le prix de monopole est la seule exception à cette règle, mais il n'apparaît que sous une configuration particulière de la courbe de demande et rarement. La thèse centrale de l'article est que ce n'est pas le marché libre, mais les gouvernements qui rendent possible la formation de prix de monopole, par des droits de douane à l'importation, la protection des cartels, le droit des brevets et le droit d'auteur, le soutien des prix agricoles et des accords comme l'accord international sur le café. Mises oppose cela à la fable marxiste de la paupérisation, qui aurait été remplacée par la doctrine de l'éviction monopolistique de la concurrence, et critique le fait que la politique antitrust américaine partage le diagnostic monopolistique de Moscou. Comme remède, il cite la suppression de toute restriction à l'importation.
Dans cette étude publiée en 1960 par l'American Enterprise Association, Gottfried Haberler présente une analyse systématique de l'inflation. Il définit l'inflation comme une hausse durable des prix, la distingue de la déflation et de la dépression, et différencie l'inflation rampante, au trot et au galop, ainsi que l'inflation ouverte et l'inflation réprimée. Le cœur de l'argumentation est la thèse selon laquelle aucune inflation grave et durable ne survient sans une forte expansion de la masse monétaire, raison pour laquelle l'inflation par la demande (demand pull) serait plus fondamentale que l'inflation par les coûts (cost push) ; en même temps, il considère la pression salariale des syndicats comme un facteur autonome qui accélère l'inflation. Il examine des interprétations concurrentes de l'inflation américaine de 1955 à 1958 (Hansen, Selden, Galbraith, Means) et rejette la théorie des prix administrés. La conclusion porte sur les conséquences de l'inflation, son rapport à la croissance et à la conjoncture, le déficit de la balance des paiements américaine ainsi que des recommandations de politique monétaire, budgétaire et de concurrence.
OriginalEnglish
Einheit und Vielfalt in den Sozialwissenschaften: Festschrift f. Alexander Mahr [Wilhelm Weber, Hrsg.]
ohne Titel), in: What’s Past Is Prologue. A Commemorative Evening to the Foundation for Economic Education on the Occasion of Leonard Read’s Seventieth Birthday
Mises retrace les conditions institutionnelles et intellectuelles dans lesquelles l'école autrichienne d'économie a émergé des Grundsätze de Carl Menger (1871) et des travaux de ses disciples Eugen von Böhm-Bawerk et Friedrich von Wieser. Il décrit le milieu universitaire de la Vienne de la fin des Habsbourg, où le système des Privat-Dozenten et la constitution libérale résiduelle de 1867 laissaient une place à de nouvelles orientations de pensée, alors même que le ministère de l'instruction et les facultés de droit étaient hostiles à la théorie économique. Une deuxième partie relate le Methodenstreit avec Gustav von Schmoller et l'école historique allemande, en le présentant non comme un différend technique mais comme une confrontation portant sur la question de savoir si une théorie générale de l'action humaine est possible. Mises soutient que le refus, par l'école historique, de lois économiques universellement valables servait le programme interventionniste de la Sozialpolitik bismarckienne et préparait le terrain intellectuel au socialisme d'État, à l'économie de guerre et finalement au national-socialisme. Une section finale situe l'école autrichienne dans l'histoire de l'économie et traite le Methodenstreit comme un conflit récurrent entre l'analyse de la coopération volontaire et la revendication politique de la contrainte. Le texte mêle mémoire, histoire institutionnelle et argumentation méthodologique et fut publié en 1969, quatre ans avant la mort de l'auteur.
Power and Market analyse, avec les moyens de l'économie praxéologique, les effets des interventions de l'État sur le marché et la société. Murray N. Rothbard rattache toute forme d'intervention à trois types : les interventions autistiques, binaires et triangulaires, et montre pour chacune qu'elle diminue l'utilité des parties concernées et oriente mal les ressources. Dans le premier chapitre, il soutient que même les prestations de défense et de justice pourraient être fournies par le marché, de sorte que l'État serait superflu. Les chapitres centraux traitent du contrôle des prix, des privilèges de monopole (licences, droits de douane, brevets, lois de conservation), de l'incidence et de l'effet des impôts, ainsi que des dépenses publiques. L'avant-dernier chapitre critique les éthiques antimarchandes (l'égalité, la sécurité, la charité par contrainte) comme en partie contradictoires. L'ouvrage, rédigé à l'origine comme partie finale de Man, Economy, and State, parut d'abord en 1970 ; cette quatrième édition contient une préface d'Edward P. Stringham.
Ce manuel développe une théorie de l'entreprise, le centre de décision qui détermine ce qu'il faut produire, en quelles quantités et par quelle combinaison de facteurs. Shackle expose d'abord l'appareil orthodoxe de la maximisation en information parfaite : la mesure de la production, les matrices entrées-sorties de Leontief, les fonctions de production, les courbes de coût et de recette, et la condition d'égalité du coût marginal et de la recette marginale formulée pour la première fois par Cournot. Il en vient ensuite à son thème central, la décision en situation d'incertitude. Parce que l'investissement engage un équipement durable dans un avenir inconnaissable, l'entrepreneur ne peut se fier à la probabilité, qui suppose des expériences répétables. Shackle propose à la place la surprise potentielle, l'ascendance et les valeurs de focalisation, et les applique à l'actualisation, à l'échelle de l'investissement, à l'emprunt, à la décision interdépendante dans le duopole et au marchandage tel que l'a analysé Edgeworth. Un chapitre de conclusion ordonne en un seul schéma les notions de profit et d'équilibre qui en résultent.
OriginalEnglish
Die Irrtümer des Konstruktivismus und die Grundlagen legitimer Kritik gesellschaftlicher Gebilde
The International Monetary System: Some Recent Developments and Disscussions, in Approaches to Greater Flexibility of Exchange Rates, The Bürgerstock Papers
Trois essais dans lesquels Ludwig Lachmann réévalue des parties négligées de l'œuvre de Max Weber au profit d'une théorie praxéologique de l'action et des institutions. Le premier essai soutient que le type idéal de Weber est trop large pour servir de concept central des sciences sociales et propose de le remplacer par le plan : l'action tire son sens du dessein que l'acteur porte dans son esprit, ce qui fait de l'interprétation (Verstehen) une étude observable et comparative plutôt qu'une intuition. Le deuxième essai construit, sur des fondements empruntés à Weber et à Menger, une théorie générale des institutions, en distinguant les institutions conçues des institutions non conçues, et les institutions fondamentales des institutions secondaires, et en traitant de la tension entre cohérence et flexibilité. Le troisième essai applique ce schéma à la pensée politique de Weber, à son plaidoyer en faveur du gouvernement parlementaire et à sa lecture de l'Allemagne des Hohenzollern et de la République de Weimar. Lachmann était professeur d'économie à l'Université du Witwatersrand.
OriginalEnglish
Autres éditions
Drei Essays ueber Max Webers geistiges Vermaechtnis
L'essai de Murray N. Rothbard soutient que l'éducation est un processus individuel et permanent de développement de soi, et que la scolarité obligatoire imposée par l'État contredit cette nature. Comme les hommes diffèrent fortement par les dons, le rythme et les intérêts, l'enseignement individuel par les parents serait l'idéal, tandis que l'enseignement uniforme prescrit par l'État presse tous les enfants dans un même moule. La première partie déploie cette théorie individualiste de l'éducation et la question fondamentale de savoir si ce sont les parents ou l'État qui disposent de l'enfant. Les deuxième et troisième parties offrent un exposé historique de la scolarité obligatoire : de la Réforme (Luther, Calvin) à la Prusse, à la France et à l'Angleterre, jusqu'au fascisme, au national-socialisme et au communisme, ainsi qu'à l'évolution aux États-Unis, de la Nouvelle-Angleterre à la « progressive education ». Rothbard s'appuie sur Spencer, Isabel Paterson et Ludwig von Mises et interprète l'enseignement public comme un instrument d'uniformisation et d'éducation à l'obéissance. Publié par le Ludwig von Mises Institute (1999), avec une préface de Kevin Ryan.
OriginalEnglish
A New History of Leviathan [ed. with Ronald Radosh]
Dans ce Hobart Paper de l'Institute of Economic Affairs paru en 1973, Ludwig M. Lachmann examine la querelle méthodologique de la théorie macroéconomique du capital et de la croissance. Sa thèse centrale : les deux grands camps, l'école « de Cambridge » néoricardienne (Robinson, Sraffa, Kaldor) et les formalistes néoclassiques (Samuelson, Solow, Hicks), ont perdu de vue les fondements microéconomiques de l'action économique. Lachmann soutient que la pensée de l'équilibre manque le processus réel de marché : le profit serait un phénomène de déséquilibre, un taux de profit « normal » uniforme et la « croissance en régime permanent » seraient des fictions, et le progrès technique aurait par principe un effet créateur de déséquilibre. Il développe cela chapitre par chapitre selon le profit, l'intérêt, la croissance et l'innovation, et en tire des conclusions pour la politique des revenus, de la croissance et de la monnaie. Sur le plan méthodologique, il invoque le subjectivisme et les anticipations divergentes, et oppose l'ouvrage au formalisme des agrégats de son époque.
Dans America's Great Depression (première édition en 1963), Murray N. Rothbard applique la théorie monétaire du cycle économique de Ludwig von Mises à la dépression des États-Unis de 1929. La thèse va à l'encontre de l'opinion dominante : la dépression n'a pas été un échec du capitalisme de laisser-faire, mais la conséquence d'une intervention antérieure de l'État et de la Réserve fédérale. La première partie expose la théorie autrichienne du cycle, en soutenant que l'expansion du crédit bancaire déforme la structure de la production et rend inévitable une récession correctrice, et réfute les solutions keynésiennes, sous-consommationnistes, celles du principe d'accélération et celles de Schumpeter. La deuxième partie documente l'expansion inflationniste de 1921 à 1929, en retraçant la croissance des réserves, la politique des acceptations et des titres, et la coopération de la Réserve fédérale avec la Banque d'Angleterre. La troisième partie examine la contraction de 1929 à 1933, en présentant Herbert Hoover comme un interventionniste qui a soutenu les taux de salaire, étendu les travaux publics et les aides agricoles, et prolongé de ce fait la dépression. Une annexe estime le poids fiscal croissant de l'État sur le produit privé.
Dans ce manifeste, Murray N. Rothbard expose la position libertarienne : chaque homme se possède lui-même ainsi que ce qu'il s'approprie par son travail à partir d'une nature sans maître, d'où découlent le libre échange, la propriété privée illimitée et l'axiome de non-agression. L'État apparaît dès lors comme le violateur du droit central et institutionnalisé, qui agit systématiquement de manière agressive par l'impôt, le service militaire obligatoire et la guerre, et qui légitime sa domination à l'aide d'une caste d'intellectuels. Après cette partie théorique, Rothbard applique le principe à des questions concrètes : l'éducation, l'aide sociale, l'inflation et le cycle économique, les routes et la police, les tribunaux, l'environnement ainsi que la politique étrangère, en proposant chaque fois de remplacer les prestations de l'État par des solutions privées et marchandes. L'ouvrage se conclut par une stratégie de diffusion de la doctrine. L'œuvre parut d'abord en 1973, et ici dans la deuxième édition de 2006, avec une introduction de Llewellyn H. Rockwell, Jr.
Le volume 2 de l'histoire narrative de Murray Rothbard « Conceived in Liberty » traite des colonies américaines durant la première moitié du dix-huitième siècle, l'époque de la « salutary neglect » britannique que les manuels classiques écartent comme sans événements. Rothbard soutient l'inverse : c'est la période où les Assemblées coloniales se servirent de leur contrôle des finances pour arracher le pouvoir aux gouverneurs nommés par la Couronne, tandis que l'application relâchée des restrictions mercantilistes sous Walpole et Newcastle laissait les colonies pratiquement autonomes. Le livre examine d'abord les évolutions dans les colonies prises séparément (régime foncier, esclavage, ascension de Franklin, abolitionnisme quaker, les Paxton Boys), puis se tourne vers les courants intercoloniaux : l'inflation du papier-monnaie, la liberté de la presse, le Grand Réveil, l'essor du déisme et la diffusion de la pensée libérale anglaise. Une dernière partie examine le conflit entre l'Assemblée et le gouverneur, la politique commerciale mercantiliste et les guerres impériales, de la guerre du roi George à la guerre de Sept Ans, en lisant les événements à travers l'affrontement récurrent de la liberté contre le pouvoir.
Conceived in Liberty est l'histoire narrative que Murray N. Rothbard consacre à l'Amérique coloniale et révolutionnaire, parue ici dans l'édition en un seul volume du Mises Institute qui réunit les quatre volumes originaux (1975-1979). Rothbard énonce explicitement son thème directeur : l'histoire comme conflit récurrent entre la liberté (le « pouvoir social », l'interaction volontaire) et le pouvoir de l'État, dans le sillage d'Albert Jay Nock et de Lord Acton. Le volume 1 couvre la fondation des colonies au dix-septième siècle, le volume 2 la « salutary neglect » du début du dix-huitième siècle, le volume 3 la résistance croissante, de la guerre de Sept Ans à Lexington et Concord, et le volume 4 la guerre d'Indépendance et ses suites. La méthode est délibérément celle d'un récit détaillé plutôt que d'un résumé condensé, organisé par colonie et par période, afin que le lecteur puisse peser directement les événements. Chaque volume se clôt sur un essai bibliographique, et une préface commune explique les prémisses libérales et méthodologiques du projet, en citant Theory and History de Ludwig von Mises.
OriginalEnglish
Essays on Hayek [with William F. Buckley, Jr. and five others, Fritz Machlup ed.]
L'essai de Murray Rothbard « Praxeology: The Methodology of Austrian Economics » (1976) explique la méthode praxéologique comme la marque distinctive de l'école autrichienne. Partant de l'axiome de l'action (les hommes agissent de manière intentionnelle), Rothbard en dérive les implications centrales : la finalité, la relation moyens-fins, le temps, l'incertitude et la rareté. Il explique pourquoi l'on recourt à la déduction verbale plutôt que mathématique, et discute le statut épistémologique des axiomes, en opposant la position apriorique kantienne de Mises à sa propre lecture aristotélicienne et empirique. Il distingue ensuite la praxéologie de la technologie, de la psychologie, de l'histoire et de l'éthique, et déploie la critique misésienne de l'économétrie et de l'économie quantitative. Le texte s'appuie sur de nombreuses références à Mises, Hayek, Say, Senior, Cairnes et Schütz.
Die Weltwirtschaft und das internationale Währungssystem in der Zeit zwischen den beiden Weltkriegen, in Währung und Wirtschaft in Deutschland 1876-1975
Commentaries to The Eurocurrency Market, Exchange Rate Systems, and National Financial Policies, in Eurocurrencies and the International Monetary System
Ce recueil, édité et présenté par Murray N. Rothbard, réunit les articles dispersés dans lesquels l'économiste américain Frank A. Fetter (1863-1949) a développé sa théorie de la répartition. Au centre se trouve la théorie unifiée du capital, de l'intérêt et de la rente de Fetter : il conçoit la rente comme le prix des usages séparables de tout facteur de production durable, et l'intérêt exclusivement comme l'expression de la préférence temporelle, par laquelle les rentes futures sont escomptées à leur valeur capitalisée présente. Les trois parties (théorie du capital, de l'intérêt, de la rente) se composent d'articles de revue et de comptes rendus, souvent en discussion critique avec Böhm-Bawerk, John Bates Clark, Irving Fisher et Alfred Marshall. Un motif récurrent est l'attaque de Fetter contre la théorie de la productivité de l'intérêt et contre le statut particulier de la terre dans la théorie de la rente. L'introduction de Rothbard situe les contributions et met en avant la théorie pure de la préférence temporelle de Fetter.
Les « Erinnerungen » (Mémoires) sont l'écrit autobiographique de Ludwig von Mises (1881-1973), rédigé en 1940 dans l'émigration genevoise et publié à titre posthume en 1978 à partir de ses papiers. Mises y décrit son évolution intellectuelle, de l'étatisme de ses débuts à sa rupture avec l'historicisme allemand de l'école de Schmoller, sa rencontre avec les « Grundsätze » (Principes) de Carl Menger et son activité au sein de l'École autrichienne d'économie autour de Böhm-Bawerk et de Wieser. Au centre se trouvent la genèse de sa théorie monétaire et de sa théorie de la conjoncture, sa doctrine de l'impossibilité du calcul économique dans le socialisme ainsi que la critique de l'interventionnisme. Il rend compte par ailleurs de son activité pratique à la chambre de commerce de Vienne, de la lutte contre le bolchevisme et l'inflation dans l'Autriche d'après-guerre, du séminaire privé viennois et de son enseignement ultérieur à Genève. L'exposé est empreint d'un profond pessimisme culturel : Mises se comprend, comme il l'écrit lui-même, non comme un réformateur, mais comme un « historien du déclin ». Le volume contient une préface de Margit von Mises, une introduction de F. A. von Hayek et une bibliographie des publications de l'auteur.
"Law, Legislation and Liberty" de F. A. Hayek réunit les trois volumes parus à l'origine séparément, Rules and Order (1973), The Mirage of Social Justice (1976) et The Political Order of a Free People (1979). Hayek entend montrer qu'une société d'hommes libres repose sur trois enseignements : qu'un ordre auto-engendré (spontané) et une organisation consciemment dirigée sont fondamentalement distincts et obéissent à des types de règles différents ; que la justice "sociale" ou distributive n'a de sens qu'au sein d'une organisation, mais qu'elle est vide et inapplicable dans l'ordre spontané de la "Grande Société" ; et que la forme dominante de démocratie représentative, dans laquelle une même assemblée fait le droit et gouverne à la fois, conduit nécessairement à un État totalitaire au service des intérêts. Contre ce qu'il nomme le "rationalisme constructiviste" (Descartes, Hobbes), Hayek pose une tradition évolutionniste (Hume, Smith, Menger). Le volume 3 débouche sur le projet d'une constitution modèle dotée de corps législatif et gouvernemental séparés.
OriginalEnglish
Autres éditions
Recht, Gesetz und Freiheit: Band I: Regeln und Ordnung1973
En six conférences données à Buenos Aires en 1959, Ludwig von Mises explique à un public de profanes les principes de l'économie de marché. La première conférence interprète le capitalisme comme une production de masse pour les besoins de la masse et fait remonter l'amélioration du niveau de vie à l'accumulation de capital. Suivent le socialisme comme planification centrale sans calcul économique, l'interventionnisme à l'exemple de l'échec des contrôles de prix, l'inflation comme politique délibérée de la masse monétaire aux effets de répartition inégaux, ainsi que le rôle des investissements étrangers dans le développement des pays plus pauvres. La conférence finale relie le déclin du gouvernement constitutionnel à la domination des groupes d'intérêts et compare la situation à celle de l'Empire romain, se désagrégeant sous l'effet de l'interventionnisme et de l'inflation. Le volume est publié par le Ludwig von Mises Institute, avec une introduction de Bettina Bien Greaves et une préface de Margit von Mises.
Conceived in Liberty est l'histoire narrative que Murray N. Rothbard consacre à l'Amérique coloniale et à la Révolution américaine, présentée ici dans l'édition combinée en un seul volume qui rassemble les quatre volumes originaux. Commençant par l'Europe à la fin du Moyen Âge, l'ouvrage retrace la fondation et la croissance des treize colonies au cours des dix-septième et dix-huitième siècles et culmine avec la guerre d'Indépendance de 1775 à 1784. Le thème organisateur de Rothbard, énoncé dans la préface, est le conflit récurrent entre la liberté et le pouvoir de l'État ; il s'appuie sur la distinction d'Albert Jay Nock entre pouvoir social et pouvoir d'État ainsi que sur l'accent moral de Lord Acton. L'exposé rétablit le récit factuel détaillé que les manuels de synthèse ont, selon Rothbard, fait disparaître, en traitant du régime foncier, des restrictions mercantilistes, de la dissidence religieuse, de l'inflation du papier-monnaie, ainsi que de l'histoire militaire et politique de la Révolution, y compris la marche vers les Articles de la Confédération.
Deux essais de Murray Rothbard, publiés ensemble sous le titre Cato Paper No. 4 (1979) avec un avant-propos de Friedrich A. Hayek. Le premier, « The Mantle of Science », soutient que le scientisme, le transfert non critique des méthodes des sciences physiques à l'étude de l'action humaine, est lui-même non scientifique parce qu'il nie la conscience individuelle et le libre arbitre. Rothbard critique les analogies mécaniques (le servomécanisme, la construction de modèles, la mesure, l'usage des mathématiques) ainsi que les analogies organicistes qui traitent des collectifs tels que la « société » comme des entités agissantes. Le second essai, « Praxeology as the Method of the Social Sciences », présente la méthode axiomatique et déductive que Ludwig von Mises appelait la praxéologie, fondée sur l'axiome de l'action humaine intentionnelle, et l'oppose au positivisme. Rothbard retrace cette tradition à travers Say, Senior, Cairnes, Menger et Böhm-Bawerk, et défend l'individualisme méthodologique en se référant à Weber, Hayek et Schütz.
Conceived in Liberty est l'histoire narrative en plusieurs volumes que Murray N. Rothbard consacre aux colonies britanniques d'Amérique du Nord et à la Révolution américaine, présentée ici dans l'édition complète en un seul volume du Ludwig von Mises Institute (première édition en 1979, édition en quatre volumes en 1999). Comme il l'explique dans la préface, Rothbard veut retrouver le plan narratif et factuel de l'histoire, perdu dans les manuels habituels, et il organise la matière autour du conflit permanent qu'il place au centre, entre la liberté et le pouvoir, entre la société et l'État. Le volume 1 traite du dix-septième siècle et de la fondation des colonies, le volume 2 de la première moitié du dix-huitième siècle sous la « salutary neglect », le volume 3 du chemin vers la Révolution de 1760 à 1775 et le volume 4 de la guerre d'Indépendance ainsi que de son histoire politique et financière. Sur le plan de la méthode, Rothbard se réclame expressément de Ludwig von Mises (Theory and History), de Lord Acton et d'Albert Jay Nock. L'exposé est organisé de manière chronologique et par colonie, et accompagné d'amples essais bibliographiques pour chaque volume.
L'article d'encyclopédie retrace l'histoire du libéralisme politique depuis ses débuts dans l'Angleterre du XVIIe siècle jusqu'à son renouveau au XXe siècle. Hayek distingue deux courants : la tradition anglaise des Whigs, qu'il définit par les trois principes de la liberté d'opinion, de la primauté du droit et de la propriété privée, et le libéralisme rationaliste de la Révolution française, qui remplace la confiance dans l'ordre social hérité par la confiance dans un plan conçu par la raison. Une section distincte traite du bref libéralisme politique en Allemagne et de son déclin sous Bismarck. La partie finale décrit le recul du libéralisme jusqu'à la Première Guerre mondiale et sa renaissance grâce à des auteurs comme Mises, Lippmann, Röpke et Eucken, dont le nouveau libéralisme souligne le lien entre l'ordre économique et l'ordre politique. Une vaste bibliographie clôt l'article.
The Primacy of Entrepreneurial Discovery, in Institute of Economic Affairs, [Readings 23] Prime Mover of Progress: The Entrepreneur in Capitalism and Socialism
Ce recueil dirigé par Israel M. Kirzner rassemble les contributions d'une conférence organisée en 1981 à la New York University pour le centième anniversaire de la naissance de Ludwig von Mises. Dix-huit essais et commentaires formels, organisés en neuf paires essai-commentaire plus une introduction, traitent quatre domaines de l'économie misésienne : le choix de la méthode économique, la nature de l'action humaine, le caractère du processus de marché et le système misésien comme cadre de la théorie appliquée. Les questions débattues qui reviennent sont le subjectivisme (de Menger à Shackle, en passant par Mises), la praxéologie aprioriste à la lumière de la méthodologie des programmes de recherche scientifique de Lakatos, le rapport entre équilibre et processus de marché, la théorie de l'entrepreneur, ainsi que la théorie du monopole, de l'interventionnisme et de la monnaie. Parmi les contributeurs figurent notamment James M. Buchanan, Ludwig M. Lachmann, Murray N. Rothbard, Gerald P. O'Driscoll, Leland B. Yeager et Israel M. Kirzner. Le volume documente la diversité interne et les controverses ouvertes de l'école autrichienne moderne aux environs de 1980.
« The Ethics of Liberty » (1982) de Murray Rothbard développe une théorie systématique de la liberté fondée sur le droit naturel, dont le cœur repose sur le principe de la propriété de soi et de l'appropriation originelle (homesteading). À partir de la notion de propriété, Rothbard déduit un système juridique libertarien complet : la théorie de la propriété et du crime, des contrats comme transfert de propriété, de la peine et de la proportionnalité, ainsi que des droits des enfants. L'ouvrage se divise en cinq parties, depuis le fondement jusnaturaliste jusqu'à une confrontation avec d'autres théories de la liberté (Mises, Hayek, Berlin, Nozick) et une stratégie de réalisation d'une société libre, en passant par une théorie de la liberté élaborée sur le modèle de Robinson Crusoé et une critique de l'État. L'édition comprend une introduction détaillée de Hans-Hermann Hoppe, qui situe la méthode de Rothbard et sa place dans la tradition du droit naturel.
Staatsausgaben fuer produktive Arbeitsplätze? Über die Wirkungen von Beschäftigungsprogrammen, Orientierungen zur Wirtschafts- und Gesellschaftspolitik
Uncertainty, Discovery and Human Action: A Study of the Entrepreneurial Profile in the Misesian System, in Israel M. Kirzner, ed., Method, Process and Austrian Economics: Essays in Honor of Ludwig von Mises
Hans-Hermann Hoppe soutient qu'une recherche sociale de type causaliste et prédictive est logiquement impossible. Le cœur de l'ouvrage est la démonstration que l'affirmation selon laquelle on mènerait, en tant que spécialiste des sciences sociales, une recherche causale, contredit la proposition valide a priori et argumentativement incontestable selon laquelle les hommes peuvent apprendre. Hoppe en tire deux conséquences : en tant que discipline empirique, la recherche sociale ne peut procéder que de manière reconstructive, par analogie avec la grammaire d'une langue ; à côté d'elle, une science de l'action aprioriste est possible, dont le modèle est l'économie. Le premier chapitre développe la thèse d'impossibilité à partir de l'exemple de l'analyse de régression et du principe de constance, le deuxième fonde la sociologie comme grammaire reconstructive de l'action, le troisième fonde l'économie comme science a priori et l'illustre par le théorème de l'utilité marginale, la loi des rendements et la théorie du cycle économique. Hoppe se rattache expressément à Mises et à l'école autrichienne et se confronte à Popper, Hume et Kant.
L'essai de Murray Rothbard paru en 1984 lit la politique étrangère et monétaire américaine, de la guerre de Sécession à l'ère Reagan, comme l'histoire d'élites financières rivales, avant tout la maison Morgan et les intérêts Rockefeller. Avec l'individualisme méthodologique et une analyse de classe libertarienne, Rothbard rattache présidents, membres de cabinet et diplomates à leurs liens bancaires et industriels, de Cleveland et Theodore Roosevelt à l'entrée en guerre de Wilson en 1917 et à la fondation de la Réserve fédérale, jusqu'au Council on Foreign Relations et à la Commission trilatérale. La thèse : ce n'est pas l'appartenance partisane, mais les attaches financières d'un régime qui déterminent son orientation, et les banquiers d'affaires inclinent structurellement vers l'étatisme. Le volume contient des essais introductifs d'Anthony Gregory (2011) et de Justin Raimondo (1995) ainsi qu'une bibliographie. L'argumentation s'appuie sur la théorie autrichienne du cycle économique et sur l'histoire économique révisionniste de Gabriel Kolko.
OriginalEnglish
Knowledge: Its Creation, Distribution and Economic Significance, Volume III: The Economics of Information and Human Capital
Money and Freedom de Hans F. Sennholz (Libertarian Press, 1985) soutient qu'une monnaie et une banque saines ne sont pas, selon sa formule, impossibles mais simplement illégales. Le livre plaide pour la liberté monétaire : l'abrogation des lois sur le cours forcé, l'abolition du monopole monétaire de la Réserve fédérale et l'autorisation de monnaies concurrentes, afin que chacun puisse choisir le moyen d'échange en lequel il a confiance. Après une introduction sur l'étalon-dollar mondial et l'endettement international croissant, la première partie situe les causes de la désintégration économique dans la banque centrale et la contrainte du cours forcé. La deuxième partie critique les écoles de réforme dominantes comme de fausses solutions : les monétaristes autour de Milton Friedman, les supply-siders (Mundell, Laffer, Wanniski, Kemp) qui privilégient une règle de gestion du prix de l'or, et le mouvement du crédit social. La troisième partie expose l'alternative de l'auteur, un étalon parallèle fondé sur la liberté de choix, qui s'appuie sur la tradition de l'étalon-or et sur des propositions de F. A. Hayek et de Ron Paul.
OriginalEnglish
Autres éditions
Moneda y libertad
OriginalEspañol
Pieniadze I Wolnosc
Rivalry and Central Planning. The Socialist Calculation Debate Reconsidered
Dans cinq études autonomes et une annexe, Hans-Hermann Hoppe déploie la thèse selon laquelle les théories normatives de la société peuvent être rigoureusement fondées et selon laquelle le seul ordre justifiable est l'anarchisme individualiste de la propriété privée, que Hoppe identifie à un capitalisme à cent pour cent, c'est-à-dire à une pure société de droit privé. Il soutient que l'existence d'un État, même celle d'un État minimal libéral, n'est justifiable ni moralement ni économiquement, parce qu'elle repose sur une taxation imposée par la contrainte. La démonstration a pour fondements le principe d'exclusion de la violence et le droit à l'appropriation originelle. Les études traitent de la possibilité de fonder des normes, de la théorie du bien-être social et de sa mesure, des fondements de la théorie de la propriété, ainsi que d'une théorie des ordres économiques et étatiques. Hoppe s'y confronte à la tradition de la théorie politique allant de Hobbes à Nozick, à la théorie des biens publics et à la doctrine de la propriété de Hume ; le livre est paru en 1987 chez Westdeutscher Verlag.
La présomption fatale soutient que la civilisation humaine repose sur ce que Hayek appelle l'ordre étendu de la coopération humaine, communément nommé capitalisme, un ordre qui n'est pas né d'une conception délibérée mais de la sélection évolutive de pratiques morales traditionnelles régissant la propriété, l'honnêteté, le contrat et l'échange. Hayek affirme que le socialisme repose sur une erreur de fait : la croyance que la raison peut consciemment concevoir ou remplacer cet ordre. L'ouvrage soutient que la morale se situe entre l'instinct et la raison, qu'elle est apprise plutôt qu'inventée, et que la connaissance dispersée que coordonnent les prix de marché ne peut être rassemblée par aucune autorité centrale. À travers neuf chapitres, il retrace les origines de la liberté et de la propriété, l'évolution du commerce, la révolte rationaliste contre la tradition, le rôle de la monnaie et du langage, le rapport entre la croissance démographique et l'ordre de marché, ainsi que la fonction de la religion dans la préservation de la tradition. Édité par W. W. Bartley III, l'ouvrage dialogue avec des penseurs allant d'Aristote à Keynes, Einstein et Marx.
Hans-Hermann Hoppe développe une théorie systématique du socialisme et du capitalisme fondée sur une théorie de la propriété. Il définit le socialisme comme une agression institutionnalisée contre la propriété privée, et le capitalisme comme un système reposant sur l'appropriation originelle et l'échange contractuel ; les sociétés réelles se situent par degrés entre ces deux pôles. S'appuyant sur la « natural theory of property », l'ouvrage analyse quatre variantes du socialisme, le style russe (marxiste), le style social-démocrate de redistribution, le socialisme du conservatisme et celui de l'ingénierie sociale, et déduit pour chacun un effet relatif d'appauvrissement. L'argumentation est principalement déductive, avec des comparaisons illustratives comme celle de l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est ; des chapitres distincts sont consacrés à la justification éthique du capitalisme, à la théorie sociopsychologique de l'État, ainsi qu'aux problèmes du monopole et des biens publics. Le livre est paru dans la collection Studies in Austrian Economics du Ludwig von Mises Institute et désigne comme point de référence explicite en particulier Murray N. Rothbard et Ludwig von Mises.
L'anthologie éditée par Bettina Bien Greaves rassemble 47 brefs essais, conférences et recensions de Ludwig von Mises, parus entre 1942 et 1973 dans des revues telles que The Freeman, National Review et Christian Economics. En quatre parties, elle traite de la liberté économique (PART I), de l'interventionnisme (PART II), de Mises comme critique des œuvres d'autrui (PART III) ainsi que du rapport entre économie et idées (PART IV). Des thèses récurrentes sont la souveraineté du consommateur dans l'économie de marché, le rôle de l'épargne et de la formation de capital dans la hausse des salaires, l'effet destructeur de l'inflation et de l'expansion du crédit, ainsi que la critique de Marx et de Keynes. Mises soutient que l'interventionnisme n'est pas une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme, mais conduit nécessairement au socialisme. À chaque contribution est jointe la source d'origine comme référence ; un index thématique permet d'accéder au volume.
The Meaning of Market Process, in A. Bosch, P. Koslowski, and R. Veit, eds., General Equilibrium or Market Process: Neoclassical and Austrian Theories of Economics
The Market Process: An Austrian View in K. Groenveld, J.A.M. Maks, and J. Muysken, eds., Economic Policy and the Market Process, Austrian and Mainstream Economics
Carl Menger und die subjektivistische Tradition in der Ökonomie (translated from original English text contributed expressly for this volume) in Horst Claus Recktenwald, eds. Carl Mengers wegweisendes Werk
Ce recueil d'essais d'Israel M. Kirzner (Routledge, 1992) réunit treize contributions sur l'école autrichienne moderne d'économie. La thèse directrice est que le marché doit se comprendre comme un processus systématique de découverte, porté par la vigilance entrepreneuriale, qui comble les lacunes de connaissance et engendre ainsi une tendance à la coordination jamais achevée, mais toujours à l'œuvre. Kirzner situe cette approche comme une « voie médiane » entre l'économie néoclassique de l'équilibre et la critique subjectiviste radicale, et la défend contre les objections de Loasby, Kregel, Buchanan et Vanberg. La partie I développe la théorie du processus de marché, la partie II retrace la naissance de la vision autrichienne de Menger à Mises et Hayek, la partie III traite du problème de la connaissance, du système de prix et de l'économie du bien-être, la partie IV est consacrée à l'intérêt propre ainsi qu'à la propriété et à la justice dans le capitalisme. Plusieurs chapitres étaient parus auparavant dans des mélanges, des encyclopédies et des revues, et sont ici réunis et encadrés.
Cette deuxième édition augmentée rassemble quinze essais de Hans-Hermann Hoppe sur l'économie et la philosophie de la propriété privée, dédiés à son maître Murray N. Rothbard. La partie économique traite de la théorie des biens publics, des impôts, de la monnaie et de la banque, de l'analyse de classe marxiste et autrichienne, d'une critique misésienne de Keynes, ainsi que de la question de la possibilité et des conséquences de la monnaie fiduciaire. La partie philosophique fonde la praxéologie comme socle de la théorie de la connaissance, critique les méthodes causalistes dans les sciences sociales et développe une justification a priori, fondée sur l'éthique de l'argumentation, de la propriété privée. Hoppe argumente de bout en bout de manière déductive à partir du concept d'action et dans la tradition de Mises et de Rothbard. Une annexe répond à quatre répliques critiques adressées à son éthique de l'argumentation. Les essais étaient auparavant parus séparément, notamment dans le Journal of Libertarian Studies et la Review of Austrian Economics.
The Pure Time Preference Theory of Interest: An Attempt at Clarification, in J.M. Herbener, ed., The Meaning of Ludwig von Mises: Contributions in Economics, Sociology, Epistemology, and Political Philosophy
Ce volume rassemble vingt et un essais de Ludwig M. Lachmann, écrits entre 1936 et 1991 et édités par Don Lavoie, qui développent une version radicalement subjectiviste de l'économie autrichienne. Deux thèmes reviennent : le sens que des institutions comme la monnaie, le droit et les marchés financiers revêtent pour les individus agissants qui orientent leurs plans autour d'elles, et les anticipations nécessairement divergentes qui animent les échanges sur les marchés d'actifs. La partie I traite de l'incertitude, de la préférence pour la liquidité et du cycle des affaires, y compris l'argument de Lachmann en faveur d'une « dépression secondaire » distincte. La partie II développe l'hétérogénéité du capital et les répercussions de l'investissement. La partie III revient sur le déclin de l'école autrichienne dans les années 1930, notamment la controverse Hayek-Sraffa et le différend avec Knight sur le capital. La partie IV applique le subjectivisme à Menger, Mises, Shackle et à l'interprétation des institutions, et se clôt sur un plaidoyer programmatique en faveur d'une économie herméneutique. Une introduction de l'éditeur situe les essais.
Dans « The Case Against the Fed », Murray N. Rothbard soutient que la Réserve fédérale est la seule source institutionnelle de l'inflation chronique des prix aux États-Unis et que ce système devrait être aboli. Le livre se déroule en deux parties. Rothbard élabore d'abord une théorie de la monnaie, qu'il dérive de l'échange marchand et de l'or, puis présente la banque à réserves fractionnaires comme une forme de contrefaçon légalisée qui gonfle la masse monétaire, redistribue la richesse de ceux qui reçoivent tardivement la monnaie nouvelle vers ceux qui la reçoivent les premiers, et engendre des phases d'expansion et de récession. Il propose ensuite une histoire révisionniste de la manière dont un cartel bancaire, conduit par les intérêts Morgan et Rockefeller, a façonné la Fed pendant l'ère progressiste, jusqu'à la réunion de Jekyll Island en 1910 et au Federal Reserve Act de 1913. L'ouvrage se conclut sur une proposition concrète : liquider la Fed et revenir à un étalon-or fondé sur la pièce d'or. Publié par le Ludwig von Mises Institute, il s'appuie explicitement sur la théorie monétaire autrichienne.
OriginalEnglish
Expectations and the Meaning of Institutions: Essays in Economics by Ludwig M. Lachmann
The Limits of the Market: The Real and the Imagined, in W. Moschel, M. Streit and U. Witt, eds., Marktwirtschaft und Rechtsordnung: Festschrift zum 70, Geburtstag von Prof. Dr. Erich Hoppmann
Die Argumente müssen zum Sieg führen. Ein rätselhaftes Interview mit Professor Ludwig von Mises, in: liberal, Vierteljahreshefte der Friedrich-Naumann-Stiftung
Le volume rassemble quatre essais d'Israel M. Kirzner sur la théorie du capital et de l'intérêt, écrits dans la tradition subjectiviste de Carl Menger et de Ludwig von Mises. Le cœur en est « An Essay on Capital » (1966), qui définit le capital non pas par des propriétés physiques, mais par la position des biens dans des plans individuels s'étendant sur plusieurs périodes ; Kirzner y critique les conceptions de Knight, Haavelmo et Hicks, ainsi que le traitement du capital, du temps d'attente et de la mesure du capital. Les autres essais traitent de la contribution de Mises à la théorie du capital et de l'intérêt et défendent la théorie pure de la préférence temporelle de l'intérêt (Fetter, Mises) contre les objections issues de la théorie de la productivité, en se référant à la controverse de Cambridge et à l'exemple du riz de Samuelson. Kirzner rattache expressément son approche à l'école autrichienne et la démarque de l'interprétation fishérienne de l'intérêt fondée sur la productivité.
OriginalEnglish
Governments, Firms, and the Critique of Centralized Economic Planning
Le tome 3 des Selected Writings of Ludwig von Mises dirigés par Richard M. Ebeling (Liberty Fund, 2000) réunit dix conférences et mémorandums que Mises a rédigés pour l'essentiel durant ses premières années après son émigration aux États-Unis (de 1940 à 1944). Le thème commun est la reconstruction internationale après la Seconde Guerre mondiale. Mises attribue la catastrophe de la guerre au nationalisme économique de l'entre-deux-guerres et soutient qu'une paix et une prospérité durables ne sont possibles que par un retour au libre-échange, à la propriété privée et à un système monétaire lié à l'or. Sont traités, entre autres, la situation économique de l'Europe d'après-guerre, une proposition non inflationniste de couverture-or à 100 pour cent, une union paneuropéenne, des principes directeurs pour la reconstruction de l'Autriche, une fédération est-européenne et les problèmes de développement du Mexique. Une vaste introduction éditoriale d'Ebeling replace la vie, l'œuvre et l'argumentation dans leur contexte.
The Irrepressible Rothbard rassemble les essais et chroniques journalistiques que Murray N. Rothbard a écrits pour The Rothbard-Rockwell Report entre 1990 et 1995, édités et présentés par Llewellyn H. Rockwell Jr. Ces textes plaident pour un libertarianisme radical et antiétatique, allié à l'Old Right et au paléoconservatisme, dressé contre ce que Rothbard nomme l'élite dirigeante et ses apologistes néoconservateurs et sociaux-démocrates. Les premiers essais exposent une stratégie de populisme de droite ; les sections suivantes abordent la politique électorale, la guerre du Golfe et l'interventionnisme extérieur américain, la question des nationalités après la guerre froide, la guerre culturelle, le féminisme, l'administration Clinton, et se terminent par une série de critiques de films. Tout au long, Rothbard évalue chaque mesure et chaque homme politique à l'aune d'un seul critère : rapproche-t-il ou éloigne-t-il de la liberté. Le volume réunit des commentaires brefs et polémiques, et non les traités économiques formels pour lesquels il est par ailleurs connu.
OriginalEnglish
Logik der Freiheit. Ein Ludwig-von-Mises-Brevier (Hrsg.)
Dans Democracy: The God That Failed, Hans-Hermann Hoppe propose une comparaison révisionniste de la monarchie, de la démocratie et d'un « ordre naturel » sans État fondé sur la propriété privée. Reconstruisant la monarchie comme un gouvernement détenu en propriété privée et la démocratie comme un gouvernement détenu en propriété publique, il soutient que le passage historique des rois aux dirigeants élus a élevé la préférence temporelle, encouragé la consommation de capital, et qu'il représente un déclin civilisationnel plutôt qu'un progrès. Les treize chapitres autonomes, pour la plupart issus de communications de conférences, traitent de la fiscalité, de la dette, de l'inflation, de la guerre, de la redistribution, de la centralisation et de la sécession, du socialisme et de la privatisation, de l'immigration et du libre-échange, du conservatisme et du libertarianisme, ainsi que de l'impossibilité d'un gouvernement limité. Tout au long de l'ouvrage, Hoppe s'appuie explicitement sur la théorie économique autrichienne ainsi que sur Ludwig von Mises et Murray N. Rothbard, présentant son argument comme praxéologique plutôt qu'empirique. Il propose la sécession, la privatisation et la délégitimation du pouvoir démocratique comme la voie vers une société de droit privé.
Ce deuxième tome des Selected Writings de Ludwig von Mises, dirigé par Richard M. Ebeling, rassemble des articles, des mémorandums et des essais que l'économiste autrichien a rédigés entre 1918 et 1938, pour la plupart tirés de ses papiers saisis par la Gestapo à Vienne et retrouvés plus tard dans une archive moscovite. Les quarante et un textes portent sur l'effondrement monétaire et l'hyperinflation qui ont suivi la dissolution de l'Autriche-Hongrie, sur l'organisation de la banque centrale et la réforme monétaire, sur les politiques budgétaires et interventionnistes de l'Autriche de l'entre-deux-guerres et sur la crise grandissante de la Grande Dépression. D'autres essais défendent l'étalon-or contre les projets de monnaie dirigée, critiquent l'autarcie et le nationalisme économique, exposent à nouveau la méthode des sciences sociales et renouvellent l'argument de Mises selon lequel le calcul économique rationnel est impossible sous la planification centralisée socialiste. Une longue introduction éditoriale établit le contexte historique, et une polémique soviétique contre Mises clôt le volume en annexe.
Murray Rothbard reconstitue l'histoire monétaire et bancaire des États-Unis, de l'époque coloniale à la Seconde Guerre mondiale, et l'interprète résolument à travers le prisme de la théorie monétaire autrichienne, se démarquant ainsi délibérément, comme le souligne l'éditeur Joseph Salerno dans l'introduction, de la « new economic history » quantitative et positiviste ainsi que de « A Monetary History » de Friedman et Schwartz. Plutôt que de rassembler des statistiques sur la masse monétaire, Rothbard s'interroge sur les mobiles et les bénéficiaires, et met au jour les intérêts financiers qui se tenaient derrière les émissions de papier-monnaie, la Première et la Deuxième Banque des États-Unis, le National Banking System et la fondation de la Réserve fédérale. L'ouvrage se compose de cinq parties parues à l'origine séparément : l'histoire monétaire de la période coloniale jusqu'au dix-neuvième siècle, les origines de la Réserve fédérale, la Fed de Hoover à Roosevelt dans la lutte entre les intérêts Morgan et Rockefeller, l'étalon de change-or de l'entre-deux-guerres, et la politique monétaire internationale du New Deal jusqu'à Bretton Woods. La thèse récurrente est que la loi de Gresham, la réserve fractionnaire et les cartels bancaires soutenus par l'État ont engendré inflation et crises.
OriginalEnglish
Totgedacht. Warum Intellektuelle unsere Welt zerstören
Le recueil dirigé par Hans-Hermann Hoppe (Ludwig von Mises Institute, 2003) conteste les deux hypothèses répandues selon lesquelles tout monopole serait nuisible aux consommateurs et selon lesquelles la production de sécurité devrait néanmoins rester réservée au monopole de l'État. Les onze contributions soutiennent que la seconde thèse est fausse et que la protection, comme tout autre bien, peut être produite de manière privée et concurrentielle. Dans le sillage de Gustave de Molinari, auquel le volume est dédié, et de Murray Rothbard, les auteurs traitent de l'historicité de l'État, de la monarchie et de la démocratie dans leur rapport à la guerre, de la prolifération nucléaire, des mercenaires, des milices et des guérillas, de la course en mer dans la guerre navale, ainsi que des modèles assurantiels de défense privée et du rôle de la sécession. L'argumentation associe l'économie autrichienne, la théorie du choix public et des études de cas historiques, et s'oppose à la justification hobbesienne de l'État comme garant de la sécurité.
OriginalEnglish
Does Austrian Business Cycle Theory Help Explain the Dot-Com Boom and Bust? (mit Gene Callahan)
Gibt es eine Medizin gegen das Reformstau-Fieber? Kurzreferat, ausgelegt beim Symposion „Aufgabe und Bedeutung liberaler Publizistik“ bei der Tagung der Friedrich-August-von-Hayek-Gesellschaft
Das Geld der Knechtschaft und das Geld der Freiheit, in: Messeprogramm-Heft für die Internationale Fachmesse für Edelmetalle + Rohstoffe 2005 in München (Herausgeber: GoldSeiten.de),
Le volume rassemble cinq travaux de Ludwig von Mises écrits entre 1923 et 1946 sur la monnaie, le crédit et la conjoncture, édités et traduits par Percy L. et Bettina Bien Greaves. Au centre se trouve la théorie du cycle économique par le crédit de circulation : l'essor et la crise naissent lorsque les banques abaissent artificiellement le taux d'intérêt monétaire en dessous du taux d'intérêt naturel par l'expansion de moyens fiduciaires non couverts, ce qui entraîne des malinvestissements et un repli inévitable. Mises applique cette théorie à l'inflation allemande du début des années 1920, aux débats sur la stabilisation autour de Fisher et Keynes ainsi qu'à la crise économique mondiale. Il critique les projets visant une valeur monétaire « stable » et les étalons indexés, défend l'étalon-or et attribue la durée de la crise aux interventions sur les salaires, les prix et les taux d'intérêt. Les essais soutiennent que seuls des prix de marché libres et le renoncement à l'expansion du crédit peuvent atténuer les fluctuations cycliques.
Murray N. Rothbard raconte l'histoire de l'« Old Right » américaine, une coalition lâche d'adversaires du New Deal à l'intérieur et de l'intervention à l'extérieur, et de son éviction par une « New Right » de caractère anticommuniste et militariste. La thèse centrale : ce ne sont pas seulement les néoconservateurs, mais la fondation de la National Review en 1955 qui retourna l'ancienne aile droite, libérale en matière de marché et isolationniste, en son contraire, une « révolution de l'intérieur de la forme ». Rothbard lie cette histoire des idées à une autobiographie partielle : de Mencken, Nock, Chodorov et du séminaire de Mises à son cheminement vers l'anarcho-capitalisme, jusqu'à l'alliance avec la New Left des années 1960. L'ouvrage parut en 2007 au Ludwig von Mises Institute avec une introduction de Thomas E. Woods, Jr. ; le manuscrit date des années 1970, complété par un chapitre de 1991.
OriginalEnglish
Markt oder Befehl. 55 Streitschriften für die Freiheit
Une synthèse de huit à dix conférences que Ludwig von Mises a données dans les années 1960 lors de séminaires de la FEE à Irvington ; Bettina Bien Greaves les a prises en sténographie, les a transcrites et les a réunies en 2010 en un texte cohérent de 20 chapitres. Mises présente la monnaie comme un pur phénomène de marché : elle naît de l'échange indirect et non d'une décision étatique, et le rôle de l'État se limite à garantir le contenu des contrats. Il justifie l'étalon-or non par des raisons esthétiques, mais par le fait que la quantité d'or échappe à la manipulation par les gouvernements. Il définit l'inflation comme l'accroissement de la masse monétaire, non comme les hausses de prix qui en résultent, et montre comment elle dévalorise avant tout l'épargne des classes moyennes et ouvrières. Les cas historiques vont de l'altération de la monnaie romaine sous Dioclétien à l'hyperinflation allemande de 1923, puis à Bretton Woods et aux droits de tirage spéciaux du FMI. Les notes éditoriales de Greaves situent les personnes, les dates et les événements.
Strictly Confidential rassemble plus de quarante mémorandums, comptes rendus de livres et lettres jusque-là inédits, que Murray N. Rothbard rédigea entre 1956 et 1962 environ pour le William Volker Fund ; édité par David Gordon, paru en 2010 au Mises Institute, avec une préface de Brian Doherty. Le recueil s'ouvre sur le document de stratégie confidentiel « What Is to Be Done? », dans lequel Rothbard se demande comment créer une société libertarienne et réclame une tactique délibérément militante, inspirée de Lénine, consistant à bâtir un « hard core » libertarien contre la dilution par le conservatisme. Les autres pièces sont classées par théorie politique, histoire, économie, politique étrangère et littérature. Les thèmes récurrents sont la démarcation du libertarianisme par rapport à l'anarchisme et au conservatisme de la National Review, une politique étrangère révisionniste et non interventionniste, ainsi que la critique de Keynes, de l'équation des échanges d'Irving Fisher et de l'école de Chicago.
OriginalEnglish
Geldsozialismus. Die wirklichen Ursachen der neuen globalen Depression
Geiselhaft statt Schuldhaftung. Ordnungspolitik: Die Haftung des Steuerzahlers für konkursreife Finanzkonzerne und Staaten setzt ein entscheidendes Grundprinzip der Marktwirtschaft außer Kraft, in: Junge Freiheit
Ce recueil du Mises Institute rassemble cinquante et un essais de Murray N. Rothbard, répartis en sept sections thématiques : la méthode économique, l'école autrichienne, la propriété et le secteur public, la fiscalité, le commerce et la liberté, la monnaie et le calcul, et la critique des économistes rivaux. Le noyau méthodologique défend la praxéologie, la dérivation déductive de la loi économique à partir de l'axiome de l'action humaine intentionnelle, contre le positivisme, la modélisation mathématique et la vérification empirique empruntée à la physique. Rothbard applique ce cadre à l'économie du bien-être, aux droits de propriété et à la responsabilité en matière de pollution, à l'incidence et à la prétendue neutralité de l'impôt, au mercantilisme, à la théorie autrichienne de la monnaie et au débat sur le calcul socialiste. La section finale critique Milton Friedman, Paul Samuelson, Robert Heilbroner et l'approche du choix public de Buchanan et Tullock. Une introduction de Gene Epstein présente le volume comme un complément au traité de Rothbard Man, Economy, and State, et le livre se clôt sur une bibliographie et un index.
OriginalEnglish
The Interpretive Dimension of Economics: Science, Hermeneutics, and Praxeology
La deuxième édition augmentée de « The Great Fiction » (Mises Institute, 2021) rassemble 31 essais, conférences et entretiens de Hans-Hermann Hoppe couvrant environ un quart de siècle. Le thème qui les relie est l'opposition entre la propriété privée, définie comme le contrôle exclusif de moyens rares, et l'État, défini comme le monopoliste territorial de la décision en dernier ressort, doté du pouvoir de taxer. Hoppe déduit la propriété privée et l'appropriation originelle au moyen de l'éthique de l'argumentation et en tire une défense de la société sans État organisée selon le droit privé. Les cinq parties traitent de l'évolution sociale depuis la révolution néolithique jusqu'à la révolution industrielle, de la monnaie et de la banque centrale, de la production privée de défense, des fondements méthodologiques de l'école autrichienne (apriorisme, probabilité, praxéologie), ainsi que de l'histoire des idées autour de Mises, Rothbard et Hayek. Plusieurs contributions traitent de la démocratie, de la centralisation, de la sécession et de la migration. Le volume est encadré par une préface de Jeff Deist et une postface de Stephan Kinsella.
L'édition de Liberty Fund (2012) réunit, comme tome 1 des « Selected Writings of Ludwig von Mises » dirigés par Richard M. Ebeling, 29 articles, conférences et mémorandums de Mises consacrés à la politique monétaire, financière et commerciale, écrits dans les années qui ont précédé, accompagné et suivi la Première Guerre mondiale, complétés par deux annexes. Une longue introduction de l'éditeur replace ces textes dans l'histoire de la monarchie des Habsbourg, du système monétaire autrichien de 1867 à 1914 et de l'hyperinflation d'après-guerre. Répartis en quatre parties, les contributions traitent de l'introduction de l'étalon-or en Autriche-Hongrie, de la politique de change de la Banque austro-hongroise, du financement de la guerre par l'impôt, l'emprunt ou l'inflation, de la question de l'émigration, de l'assainissement de la monnaie autrichienne après 1918 ainsi que de la critique de l'interventionnisme par Mises. La plupart des textes proviennent des « papiers perdus » de Mises, retrouvés en 1996 dans une archive moscovite, et paraissent ici pour la première fois en anglais.
L'essai de Hans-Hermann Hoppe (Mises Institute, 2014, avec une introduction de David Gordon) propose une reconstruction théorique plutôt qu'empirique de la formation de l'État : de l'état de nature aristocratique à la démocratie, en passant par la monarchie. Le point de départ est le problème de la rareté, qui engendre des conflits interpersonnels ; les hommes rationnels, selon Hoppe, s'accordent sur la propriété de la première possession non perturbée et s'en remettent, pour le règlement des litiges, à une aristocratie naturelle de juges volontairement reconnus. La rupture décisive est l'établissement d'un monopole territorial de la décision en dernier ressort : le roi féodal devient, par alliance avec le peuple et les intellectuels, un monarque absolu, puis constitutionnel, et enfin une démocratie. Hoppe interprète cette évolution, habituellement tenue pour un progrès, comme une folie morale et économique croissante, car l'administrateur démocratique, contrairement au roi-propriétaire, exploite à court terme. Il renvoie à son ouvrage Democracy: The God That Failed et conclut sur l'espoir d'une décentralisation et d'une sécession.
Dans trois essais, Hans-Hermann Hoppe entreprend d'expliquer trois tournants de l'histoire humaine depuis ce qu'il appelle un point de vue austro-libertarien, qui combine la praxéologie de Mises avec le libertarianisme jusnaturaliste de Rothbard. Le premier essai fait dériver de la révolution néolithique l'origine commune de la propriété foncière privée et de la famille, présentant l'une et l'autre comme des solutions rationnelles à la pression malthusienne à laquelle étaient confrontés les chasseurs-cueilleurs. Le deuxième soutient que la sortie du piège malthusien autour de 1800, la révolution industrielle, a exigé non seulement des droits de propriété assurés, mais aussi une longue élévation sélective de l'intelligence humaine et une faible préférence temporelle. Le troisième reconstruit l'État comme une erreur cumulative, en retraçant sa filiation depuis un ordre aristocratique naturel jusqu'à la démocratie, en passant par la monarchie absolue et constitutionnelle, démocratie que Hoppe lit comme un déclin plutôt que comme un progrès. Tout au long de l'ouvrage, l'histoire est traitée comme contingente, mais contrainte par des lois praxéologiques et éthiques.
Dans cette monographie rédigée en 1959, Murray N. Rothbard examine si le progrès scientifique exige une planification de l'État, et il répond par la négative. Sa thèse centrale : l'allocation des ressources dans la recherche et la technique est un problème économique que le marché libre résout plus efficacement, par le système des prix, que la direction étatique. Sur fond du choc Spoutnik, il réfute la prétendue pénurie de scientifiques, la prétendue rareté de la recherche privée et le mythe selon lequel les grandes inventions exigeraient une grande recherche dirigée par l'État. Il s'appuie fortement sur Jewkes, Sawers et Stillerman ainsi que sur John R. Baker pour la science soviétique. Des chapitres distincts traitent de l'inefficacité de la recherche militaire publique, de l'énergie atomique, de recommandations concrètes de politique fiscale et de l'automatisation, dont il défend les conséquences sur l'emploi contre l'épouvantail du chômage technologique. Un épilogue rend hommage à la valeur de la technologie pour une vie libre.
OriginalEnglish
Austrian Subjectivism and the Emergence of Entrepreneurship Theory
Ce court recueil réunit deux textes de Murray N. Rothbard. Le plus long, « A Genuine Gold Dollar », soutient que le seul moyen de séparer la monnaie de l'État consiste à redéfinir le dollar lui-même comme un poids fixe d'or, remboursable à vue par son émetteur. Rothbard rejette le projet de Hayek de dénationaliser la monnaie au moyen de noms de monnaies privées concurrents, estimant que de nouveaux noms ne peuvent être acceptés comme monnaie parce que, selon le théorème de régression, un moyen d'échange doit émerger d'une marchandise antérieure. Il rejette de même le panier de marchandises ou « dollar-marchandise » d'Irving Fisher et d'autres, en invoquant l'absence de tout niveau de prix unitaire et le jeu de la loi de Gresham. Le second texte, « Alan Greenspan: A Minority Report » (1987), est un portrait polémique qui dépeint Greenspan comme un keynésien conservateur dont le rationalisme proclamé à la Rand et les sympathies pour l'étalon-or n'atteignent jamais sa politique réelle. Le Mises Institute a publié les deux textes ensemble en 2016.
Getting Libertarianism Right (Mises Institute, 2018) réunit quatre textes de Hans-Hermann Hoppe, pour la plupart des allocutions prononcées devant la Property and Freedom Society qu'il a fondée, avec une introduction de Sean Gabb. Hoppe déduit la doctrine libertarienne de la rareté des moyens et de la propriété de soi : les conflits portant sur des biens rares ne peuvent être évités que si chaque ressource est attribuée sans ambiguïté à une propriété privée, par appropriation originaire et échange volontaire. Sur cette base, il prend position pour une variante "réaliste" ou de droite du libertarianisme, qui reconnaît les différences empiriques entre les hommes et les cultures, et se démarque vivement des libertariens de gauche. D'autres contributions traitent de la démocratie comme accélérateur de la "dé-civilisation", du rapport entre libertarianisme et alt-right ainsi que d'une stratégie populiste de changement social, et proposent enfin un hommage personnel à Murray Rothbard. Le volume se clôt par un index alphabétique.
OriginalEnglish
Competition, Economic Planning, and the Knowledge Problem
En dix conférences, Hans-Hermann Hoppe reconstruit l'histoire mondiale par le bas, de l'origine de l'homme jusqu'au présent, comme une combinaison interdisciplinaire d'économie, d'anthropologie, de sociologie et d'histoire. Le point de départ tient à trois facultés propres à l'homme : le langage, la propriété et la production. Sur cette base, Hoppe développe l'expansion de l'humanité, l'approfondissement de la division du travail, le rôle de la monnaie, de la préférence temporelle et de la formation de capital, ainsi que les influences idéologiques et religieuses sur la richesse des nations. La deuxième partie traite de la production du droit et de l'ordre sans État (ordre naturel), de l'origine parasitaire de l'État, du passage de la monarchie à la démocratie, ainsi que de la guerre et de l'impérialisme. La conférence finale formule une stratégie faite de sécession, de privatisation et de décentralisation politique. Le volume a paru en 2021 au Mises Institute et reprend les conférences données à Auburn en 2004, avec une préface de Sean Gabb.
OriginalEnglish
Ökonomik als Wissenschaft und die Methode der Österreichischen Schule